Acheter Camponotus micans – Colonie de fourmis | Antomas
Acheter Camponotus micans – Colonie de fourmis | Antomas

Camponotus micans

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Du velours noir qui s’embrase au soleil. Camponotus micans, « celle qui scintille », cache un secret : sa peau est mate, et l’éclat argenté et doré qui parcourt son gastre naît de milliers de poils fins. Cousine ibérique de la grande C. cruentatus et l’une des deux seules Myrmosericus de la péninsule, elle règne sur les prairies sèches et les terrains caillouteux du Sud, à cheval entre l’Europe et le Maghreb. Monogyne, robuste et totalement inoffensive, elle vit au rythme de la Méditerranée : étés de chaleur, hivers de repos. L’une des Camponotus indigènes les plus gratifiantes pour qui se lance. Reines fondatrices avec couvain. Livraison dans toute l’Europe, arrivée vivante garantie.

Colonie

 

Difficulté : 1/5 – Débutant

Fourmi charpentière de la péninsule Ibérique, noire et mate, au gastre parcouru d’une fine pilosité qui scintille d’argent et d’or. Elle partage avec C. cruentatus le sous-genre Myrmosericus, qui ne compte aucune autre espèce dans la péninsule. Elle arrive sous la forme d’une reine fondatrice déjà accompagnée de couvain : une reine unique par nid, qui élève sans aide ses premières filles. On la fonde dans un Qbik Wild, puis on la passe à la gamme Alpha. Elle aime 24–28 °C avec un coin plus tiède, un nid sec, un abreuvoir de nectar jamais vide et des insectes en abondance. Repos d’hiver (diapause) : environ trois mois à 12–15 °C. Elle monte aux parois : arrêtez-la avec de l’huile minérale ou du talc.

Camponotus micans (Nylander, 1856) est une charpentière de grande taille, aux ouvrières de plusieurs gabarits, propre au sud de la péninsule Ibérique et à l’Afrique du Nord. Au premier coup d’œil, elle ressemble à une simple fourmi noire, mais il suffit d’un rayon de soleil pour que son gastre s’illumine de bandes de poils argentés et dorés. D’où son nom : en latin, micans signifie « celle qui scintille ».

Indigène, amatrice de chaleur, elle peuple les prairies sèches et les terrains caillouteux ensoleillés. Pour qui débute avec les Camponotus, c’est un excellent choix : sereine, pas difficile pour la nourriture et avec un calendrier annuel dicté par le climat méditerranéen. Comme sa biologie a été très peu étudiée, nous indiquons dans chaque partie si une information vient de la littérature scientifique, de l’expérience d’autres amateurs ou de nos propres colonies.

Biologie

« Celle qui scintille » : un nom donné à un éclat

Elle a été décrite en 1856 par le naturaliste finlandais William Nylander, sous le nom de Formica micans, à partir d’ouvrières récoltées en Algérie. Nylander est surtout connu aujourd’hui comme l’un des grands spécialistes des lichens du XIXe siècle, mais il avait auparavant consacré une bonne partie de ses travaux aux fourmis.

Micans est le participe présent du verbe latin micō, « scintiller » ou « briller par éclats », celui qu’employaient les auteurs latins pour le clignotement des étoiles. Nous ne savons pas si Nylander a justifié son choix, mais il suffit de voir une ouvrière marcher en plein soleil pour le comprendre.

Son nom complet est aujourd’hui Camponotus (Myrmosericus) micans, et c’est là que la maintient la révision des sous-genres de Camponotus de Ward et Boudinot (2021). En 1939, une sous-espèce a en outre été décrite, C. micans asniensis Santschi, à partir de spécimens des montagnes de l’Atlas marocain.

Elle brille sans être brillante

C’est sa grande curiosité. À la loupe, sa peau, la cuticule, ne brille pas du tout : elle est mate, car elle est couverte d’une microsculpture réticulée, un réseau très fin de reliefs qui diffuse la lumière au lieu de la refléter. L’éclat vient de la pubescence : une couche dense de poils courts et couchés, de teinte jaunâtre, qui paraissent argentés dans leur ensemble.

Sur le gastre, aux jonctions entre les segments, ces poils sont plus longs et disposés en travers ; l’abdomen paraît donc zébré de bandes qui s’allument et s’éteignent selon l’angle de la lumière. Dans nos colonies, l’éclat va de l’argent à l’or selon l’individu et l’éclairage.

Ses voisines du sous-genre Tanaemyrmex, comme C. barbaricus ou C. sylvaticus, font exactement l’inverse : leur cuticule est lisse et brillante, comme laquée, et leur gastre presque glabre. C. micans a la peau terne et un éclat « d’emprunt ».

À quoi sert cette pilosité ? On est tenté de la comparer à celle de Cataglyphis bombycina, au Sahara : en 2015, une étude publiée dans Science a montré que ses poils, de section triangulaire, réfléchissent la lumière du soleil et aident à évacuer la chaleur par rayonnement. Personne ne l’a étudié chez C. micans, et ses poils fins et couchés n’ont pas la même structure ; leur fonction reste donc un joli mystère.

La cousine ibérique de C. cruentatus

La péninsule Ibérique ne compte que deux Camponotus du sous-genre Myrmosericus : C. micans et C. cruentatus, comme le rappelle García (2025) dans son travail sur les Camponotus du nord-ouest de la péninsule. Les myrmécologues Gómez et Espadaler parlent de « groupe cruentatus » et le reconnaissent à des caractères que partagent les deux espèces :

  • Clypéus, la plaque située au-dessus des mandibules, avec une carène centrale et le bord antérieur en forme de lobe rectangulaire.
  • Mandibules armées de 7 ou 8 dents.
  • Corps mat et gastre très pubescent, d’aspect velouté.

Ce sont des cousines, mais on les distingue bien. C. cruentatus a l’arrière du thorax et l’avant du gastre orangés ou rouge sang. C. micans est noire de la tête au gastre, et ce qui la trahit, c’est l’éclat, pas la couleur.

Dans un genre qui dépasse le millier d’espèces, comme celui-ci, se fier à la ressemblance est risqué. Le titre même de l’article de Ward et Boudinot parle de « se colleter avec l’homoplasie », c’est-à-dire avec des caractères qui se ressemblent parce qu’ils sont apparus plusieurs fois indépendamment, et non par parenté. C’est pourquoi le sous-genre se décide à la loupe.

Entre les deux rives de la Méditerranée

C. micans vit des deux côtés du détroit de Gibraltar. En Europe, elle occupe surtout la moitié sud de la péninsule Ibérique : l’Andalousie, le sud du Portugal, l’Estrémadure, la Manche, Madrid et le Levant espagnol. Sur GBIF, le portail international des données de biodiversité, beaucoup des données portugaises se concentrent dans l’Algarve. Hors de la péninsule, elle vit en Sicile et en Calabre et au Maghreb : Maroc, Algérie et Tunisie. García (2025) la décrit comme bien plus méridionale que C. cruentatus, et il n’existe aucune donnée en Galice ni aux Baléares.

On lit parfois qu’elle serait « originaire d’Afrique ». Rien ne l’appuie : elle est indigène sur les deux rives, et le fait qu’elle ait été décrite à partir d’ouvrières algériennes est un hasard de l’histoire des sciences, pas un indice sur son origine.

Son climat. Son domaine est le climat méditerranéen chaud, avec de longs étés secs, où les maximales moyennes de juillet dépassent 32–36 °C dans les basses terres du sud, et des hivers doux, avec des moyennes d’environ 10–13 °C entre décembre et février. Cet hiver court et tempéré explique le repos que nous recommandons : environ trois mois à 12–15 °C, sans froid extrême (voir « Diapause : un hiver du Sud »).

Une fourmi qui réclame le soleil

Personne n’a encore étudié son rythme journalier dans la nature, mais tout indique une espèce thermophile, qui a besoin de chaleur pour être active. Les sources de vulgarisation situent son activité optimale au-dessus d’environ 25 °C, et quand le froid arrive elle disparaît sous terre. Ceux qui l’élèvent la trouvent plus diurne que bien d’autres charpentières. Sa cousine C. cruentatus, elle, a été étudiée : en Catalogne, on l’a vue active le jour au printemps et en automne.

Aimer le soleil a du bon. Xim Cerdá et Javier Retana ont constaté que, parmi les fourmis qui peuplent les sols méditerranéens, c’est le thermomètre qui décide qui mange : par chaleur modérée, quelques espèces dominantes font la loi, mais aux heures les plus brûlantes elles se retirent et les espèces résistantes à la chaleur s’engouffrent dans la brèche. Ils ont appelé cela la « perturbation thermique » des hiérarchies. C. micans ne figure pas dans ces études, mais elles aident à comprendre comment une fourmi de soleil se fraie un chemin dans une prairie pleine de concurrentes.

Une maison sous la pierre

Elle vit dans des milieux secs, chauds et ouverts : prairies, pelouses, clairières de garrigue et terrains caillouteux. D’après les sources naturalistes, elle s’installe le plus souvent sous une pierre ; elle utilise peu le bois, et certains éleveurs évoquent des nids creusés directement dans la terre.

La pierre n’a rien d’un hasard. Une dalle plate au soleil se réchauffe vite et garde la chaleur pendant des heures, et la terre en dessous reste plus humide qu’à l’air libre. Beaucoup de fourmis méditerranéennes profitent de ce « radiateur » naturel pour leur couvain. Vous le verrez dans la fourmilière : la colonie porte ses larves vers le coin le plus chaud.

Miellat, pucerons et une bactérie de confiance

Son régime dans la nature n’a jamais été étudié, mais les Camponotus tirent une grande partie de leur énergie du miellat, le liquide sucré excrété par les pucerons, les cochenilles et d’autres insectes qui se nourrissent de sève, et sa cousine C. cruentatus est une éleveuse de pucerons bien documentée. Cet échange porte le nom de trophobiose : la fourmi « trait » ces insectes et, en retour, les protège des prédateurs et des parasites. Une revue classique de 2005 rappelle que le contrat n’est pas figé : il dépend de la quantité de miellat et des autres nourritures que trouvent les fourmis.

Un régime aussi sucré cache une astuce. Le secret tient à une bactérie, Blochmannia, que toutes les Camponotus hébergent dans certaines cellules de l’intestin et que la reine transmet à sa descendance par l’œuf. En 2007, des travaux sur C. floridanus ont montré qu’elle fabrique des acides aminés essentiels, ceux que la fourmi ne peut pas produire, et qu’elle recycle l’azote : avec la bactérie réduite par des antibiotiques, les colonies élevaient beaucoup moins de couvain avec un régime pauvre. Mais ce n’est pas une excuse pour lésiner sur les insectes : les larves ont besoin de protéines pour grandir (voir « Alimentation »).

Une arme acide à la place de l’aiguillon

Elle appartient aux formicines, une sous-famille qui a perdu l’aiguillon. Au bout du gastre s’ouvre l’acidopore : c’est par là que sort le venin, surtout de l’acide formique. Si elle se sent attaquée, elle mord et replie son gastre vers l’avant pour le projeter.

L’acide a un autre usage. En 2020, une équipe a publié dans eLife que ces fourmis ingèrent une partie de leur propre acide : pendant la toilette, elles portent l’acidopore à la bouche et maintiennent très acide le jabot, ce réservoir commun qui contient la nourriture à partager, ce qui filtre les microbes. Les essais ont porté sur C. floridanus et d’autres espèces de la sous-famille. Si vous voyez une ouvrière recroquevillée, en train de se mordiller le bout de l’abdomen, elle n’est pas malade : elle se désinfecte.

Une reine pour chaque colonie

Ni dans la nature ni en captivité, on n’a décrit de nid de C. micans avec plus d’une reine : tous les éleveurs la considèrent comme monogyne. Rien d’étonnant. En 2014, Boulay et ses collègues ont passé en revue près de 150 espèces paléarctiques et conclu que la monogynie est la situation de départ, et qu’avoir plusieurs reines va généralement de pair avec des sociétés immenses.

La fondation est claustrale. Après le vol nuptial, la reine perd ses ailes et s’enferme dans une chambre sous une pierre. Là, elle nourrit ses premières larves en puisant dans ses propres réserves : sa graisse et ses muscles du vol, devenus inutiles. En 1989, Keller et Passera ont mesuré des reines de nombreuses espèces et constaté que celles à fondation claustrale pèsent plus lourd et stockent plus de lipides que celles qui dépendent d’ouvrières.

Jusqu’où grandit une colonie ? Il n’existe pas de données scientifiques. Les éleveurs parlent de quelques centaines d’ouvrières, et une boutique d’un millier. Chez Antomas, nous constatons que, bien soignées et avec beaucoup de protéines, elles peuvent devenir assez grandes.

Vols nuptiaux : un calendrier à déchiffrer

Les observations publiées se contredisent : certaines placent les vols à la fin du printemps ou au début de l’été, par des nuits chaudes et humides ; d’autres à la fin de l’été, souvent après un orage. Aucune étude n’a fixé les mois. Si un jour vous trouvez une reine ailée de C. micans, notez la date, l’heure et le temps qu’il faisait : c’est une donnée qui manque encore.

Une reine qui vivrait deux ou trois ans ? Un mythe

On a écrit sur un forum que la reine de C. micans ne vit que deux ou trois ans. Aucune source ne l’appuie, et cela ne colle pas avec le genre. Les reines de fourmis comptent parmi les insectes les plus longévifs, et vivent bien plus longtemps que leurs ouvrières : chez les Camponotus, une reine australienne élevée par Caryl et Edna Haskins a vécu 23,2 ans. Personne n’a mesuré la longévité de C. micans, mais une reine bien soignée est une compagne pour de longues années, pas pour deux hivers.

Taille et morphologie

Grande fourmi charpentière polymorphe, sans aiguillon. Nous n’avons pas trouvé de description moderne accessible ; nous réunissons donc ici les caractères des clés d’identification ibériques et nord-africaines et nos propres observations en élevage.

  • Couleur. Entièrement noire : tête, thorax, gastre et pattes. Dans nos colonies, tout est noir sauf les bandes de poils argentés ou dorés de l’abdomen.
  • Surface. Mate, en raison de la microsculpture réticulée.
  • Pubescence. Dense sur le gastre, faite de poils jaunâtres qui paraissent argentés, plus longs et transversaux aux jonctions des segments.
  • Tête. Clypéus avec une carène et un lobe rectangulaire, et sept ou huit dents à chaque mandibule. Chez les majors, la tête est bien plus volumineuse et plus large que chez les minors.
  • Castes. Polymorphisme marqué, avec minors, médias et majors. Les majors sont robustes et approchent la taille de la reine.
  • Reine. Noire et mate, avec une abondante pilosité jaunâtre sur la tête et le gastre.
  • Mâle. Aucune description accessible trouvée.

Comment la reconnaître

  • Face à C. barbaricus, C. sylvaticus et aux autres Tanaemyrmex : celles-ci luisent, n’ont presque pas de poils sur l’abdomen et portent souvent un thorax rougeâtre.
  • Face à C. vagus : l’autre grande charpentière noire appartient à un autre sous-genre, est couverte de longs poils dressés et niche dans le bois.
  • Face au groupe de C. lateralis : ce sont des espèces moyennes, dont les plus grandes ouvrières ne dépassent pas environ 7 mm, sans parenté proche.
  • Face à C. haroi : dans la clé ibérique, les minors de C. micans n’ont pas de dépression marquée entre le thorax et le propodéum, et leur gastre est bien plus pubescent.

Mesures

Nous n’avons trouvé dans aucune source scientifique accessible les tailles de chaque caste de C. micans. D’une boutique ou d’une fiche d’élevage à l’autre, les tailles divergent tellement, avec des reines de 11 à presque 20 mm selon qui les donne, que nous renonçons à les citer. La référence scientifique la plus proche est celle de sa cousine : les ouvrières de C. cruentatus atteignent 13 mm, d’après García (2025). Ce que vous verrez chez vous : les premières filles de la reine naissent minuscules, et chaque nouvelle fournée est un peu plus grande que la précédente.

Élevage en captivité

Difficulté : 1/5 – Débutant

Peu de Camponotus sont aussi simples ; c’est la porte d’entrée idéale vers les espèces indigènes :

  • Elle encaisse beaucoup : elle vient d’étés brûlants et d’hivers doux.
  • Sa diapause ne complique rien : un coin frais de la maison ou une cave à vin suffit, sans réfrigérateur.
  • Elle n’est pas exigeante côté nourriture : du nectar et n’importe quel insecte de taille adaptée.
  • Elle est calme et sans danger pour les personnes.

Ce qu’elle demande, c’est de la chaleur pendant la saison active, de la patience la première année, car les Camponotus démarrent lentement, et une bonne barrière. En échange, elle offre ce que peu de fourmis possèdent : une colonie qui scintille à la lumière de l’aire de chasse.

Température, humidité et lumière

  • Nid : du printemps à l’automne, 24–28 °C, avec une extrémité plus chaude, à 26–30 °C. Les éleveurs recommandent 21–28 °C pour le nid, et l’un d’eux raconte que sa reine ne s’est mise à pondre qu’autour de 30 °C : ce coin tiède aide beaucoup pendant la fondation.
  • Aire de chasse : température de la pièce ou un peu plus, et toujours sèche.
  • Humidité : faible dans le nid. Un coin légèrement humide suffit, vers lequel la colonie peut déplacer le couvain si besoin.
  • Eau : un tube à essai rempli, fermé par un tampon de coton, toujours accessible là où elles chassent.
  • Lumière : l’obscurité dans les chambres, la clarté dans l’aire de chasse et le rythme naturel des jours et des nuits.
  • Diapause : environ 3 mois à 12–15 °C ; elle commence en novembre ou décembre et se termine en février.

Pour chauffer, posez sur un flanc du nid un tapis ou un câble chauffant réglé par thermostat. On obtient ainsi un gradient, la colonie choisit et vous imitez la pierre chaude de son nid naturel. Évitez le soleil direct et les radiateurs. Si vous voyez de la condensation ou de la moisissure, l’humidité est excessive ; si le couvain se presse dans la zone humide, elle manque.

Fourmilières recommandées

Chez Antomas, nous recommandons de fonder dans un Qbik Wild d’Anthouse. Ils sont en plâtre, un matériau qui conserve l’humidité, et leur taille est idéale pour une reine et ses premières ouvrières. Le Qbik Wild One P 1C, à galeries de taille moyenne, est celui par lequel commencer.

Il faut plus de place avant de changer de gamme ? Alors, optez pour son grand frère à double chambre.

Une fois la colonie bien installée, transférez-la vers la gamme Alpha : le QBIK ONE puis, plus tard, le QBIK DUO, eux aussi à galeries moyennes. Ils sont modulaires ; l’humidité arrive par les tubes et les chambres restent sèches, exactement ce que préfère cette espèce. En outre, ils coûtent moins cher et sont plus légers, un vrai avantage car, bien soignées, ces colonies peuvent devenir assez grandes :

Agrandissez au rythme que demande la colonie, jamais à l’avance : les chambres vides d’un nid surdimensionné finissent remplies de déchets. Le reste de l’installation :

  • Une bande anti-évasion en haut de l’aire de chasse, d’huile minérale ou de talc.
  • Un sol d’aire de chasse sec, avec un peu de sable et une ou deux pierres plates qui rappellent son habitat, loin de la barrière.
  • De l’eau en tube, avec son bouchon de coton, et un abreuvoir à part pour le nectar.
  • De la chaleur sur un flanc du nid, avec thermostat et à l’écart de l’abreuvoir.

Les premières semaines avec votre reine

Nous vous envoyons une reine fondatrice déjà accompagnée de couvain, fécondée et avec des œufs, des larves ou des nymphes, dans un tube avec sa réserve d’eau derrière le coton. Comme elle fonde de façon claustrale, elle n’a pas besoin de sortir chercher de la nourriture pour élever ses premières filles. Pour l’instant, votre rôle est simple :

  • Une chaleur douce et stable. Laissez le tube tel qu’il arrive, au calme et dans le noir, à 24–28 °C, avec une extrémité près de la zone tiède et sans dépasser 30 °C.
  • Peu de dérangements. C’est la seule étape où il vaut mieux peu la manipuler : une reine harcelée peut manger certains de ses œufs. Lui jeter un coup d’œil de temps en temps ne lui fait aucun mal ; la déplacer sans cesse, si.
  • Réserve d’eau. Quand elle est vide ou que le tube est très sale, renversez la colonie dans un tube propre.
  • Une gouttelette sucrée. De temps en temps, une micro-goutte de nectar dilué sur un bout d’aluminium, et jamais sur le coton : il moisirait et gâterait l’eau.

Combien de temps avant la première ouvrière ? Cela dépend de la température : chez les Camponotus européennes, le développement complet, de l’œuf à l’ouvrière, prend normalement 6 à 12 semaines. Et si la reine arrive en automne, il est possible que le couvain s’arrête jusqu’au printemps : c’est normal chez une espèce à diapause.

Les premières ouvrières sont petites, timides et plus fragiles que les suivantes. Dès leur naissance, installez un petit abreuvoir de nectar et un morceau de proie deux fois par semaine ; ce qu’elles ne mangent pas, retirez-le le lendemain.

Déménagement par renversement

Nous passons la colonie dans la fourmilière quand elle compte au moins 5 ouvrières, idéalement 5–10, dans le Wild One P 1C. Nous la déménageons par renversement : nous n’attendons pas qu’elles décident de partir.

  1. Ayez la fourmilière prête : barrière appliquée, eau branchée et chambres dans la pénombre.
  2. Opérez au-dessus d’un plateau : si une ouvrière s’échappe par le tube ou les outils, elle n’ira pas loin.
  3. Débouchez le tube dans l’aire de chasse, près de l’entrée du nid, et laissez tomber délicatement tout son contenu : reine, ouvrières et couvain.
  4. Celles qui restent dedans, poussez-les avec un pinceau.
  5. Refermez et ne les dérangez pas : en peu de temps, tout le couvain sera à l’intérieur du nid.

Le passage ultérieur à la gamme Alpha se fait de la même façon.

Alimentation

Du nectar à toute heure. Une fourmi qui, dans la nature, vit du miellat sécrété par les pucerons et les cochenilles ne doit jamais manquer de sucre. Servez-le dans un abreuvoir, pas sur du coton : le coton imbibé de nectar fermente et se couvre de moisissure en quelques jours. Un modèle du commerce ou fait maison convient, pourvu que la goutte reste étalée, sans rien imbiber, et que les ouvrières l’atteignent facilement. Variez les saveurs : le Blue Sugar, le nectar d’Anthouse, la plupart des jours (4–5 par semaine), et un autre nectar ou de l’eau sucrée les 1–2 jours restants. On peut ajouter un peu de protéines au nectar.

Des insectes, généreusement. Les larves grandissent grâce aux protéines, et notre règle est généreuse : si vous retirez les restes chaque jour, vous pouvez, et devez, donner plus que nécessaire, car une colonie qui sent l’abondance pond davantage et grandit plus tôt. Si vous ne pouvez pas surveiller souvent l’aire de chasse, réduisez les rations, car les restes qui pourrissent attirent acariens et champignons. Quelques idées :

  • Pour démarrer : Thermobia domestica, la thermobie, une proie petite et tendre, juste à la bonne taille pour une reine et ses premières filles ou une colonie qui débute.
  • Dès qu’il y a quelques dizaines d’ouvrières : grillon (Acheta domesticus) et larves de Tenebrio molitor (vers de farine), en morceaux.
  • Pour les colonies nombreuses : Blaptica dubia (blatte d’Argentine) ou Shelfordella lateralis (blatte turque), coupées en deux.
  • Une proie différente chaque semaine. Mouches et papillons de nuit ont aussi beaucoup de succès : les éleveurs de C. micans racontent que les papillons de nuit et les têtes d’insectes font partie de leurs morceaux préférés.
  • Des proies mortes au début. Dans une colonie toute jeune, les ouvrières sont craintives : proposez-leur des insectes déjà tués et ouverts. Une fois la colonie grande, elle s’attaque à de petites proies vivantes.

Avec peu d’ouvrières, des protéines deux ou trois fois par semaine suffisent ; avec beaucoup, tous les jours ou un jour sur deux. Achetez les insectes chez un fournisseur de confiance, car ceux qui ont touché des insecticides peuvent anéantir la colonie. Et que le tube d’eau de l’aire de chasse ne soit jamais vide.

Croissance : un démarrage tranquille

Comme presque toutes les Camponotus, elle démarre lentement. La première année est celle de la patience : peu d’ouvrières, beaucoup de couvain et une reine qui prend peu à peu son rythme. À partir de la deuxième, avec de la chaleur pendant la saison active, un repos d’hiver bien mené et des protéines tous les jours, la croissance se voit vraiment. Personne n’a publié à quel moment apparaissent les majors de cette espèce ; chez les Camponotus, elles tardent en général, car la colonie a d’abord besoin d’un bon nombre d’ouvrières. Agrandissez quand vous voyez beaucoup de fourmis immobiles dans l’aire de chasse parce qu’il n’y a plus de place à l’intérieur.

Diapause : un hiver du Sud

C. micans a besoin d’un repos hivernal, la diapause. Même dans le sud le plus chaud, de décembre à février, la moyenne de l’air n’atteint pas 13 °C environ, et la colonie se réfugie sous sa pierre. De plus, ceux qui l’élèvent parlent d’une horloge interne de la reine qui réclame cette pause, même si vous la gardez à 25 °C toute l’année.

Sur les détails, pas de consensus : certains proposent un repos doux à 15–18 °C, de fin novembre à début février, d’autres prolongent le froid jusqu’à cinq mois à 12–15 °C. Nous retenons le juste milieu : environ 3 mois à 12–15 °C, en commençant en novembre ou décembre et en terminant en février.

  • Une entrée en douceur. En novembre, coupez le chauffage du nid et laissez la température descendre peu à peu sur 2–3 semaines.
  • Trois mois tranquilles entre 12 et 15 °C : une chambre sans chauffage, un cellier ou une cave à vin. Jamais le réfrigérateur.
  • Le tube d’eau reste en place tout l’hiver.
  • Nourriture minimale : un peu de nectar dans l’abreuvoir au cas où une ouvrière en voudrait, et aucun insecte. Il est normal que le couvain s’arrête.
  • Une sortie tout aussi douce. À partir de mi-février ou fin février, remontez la température sur 2–3 semaines.

Les éleveurs chevronnés insistent sur un point : pas de chaleur avant l’heure. Tirer la reine de sa torpeur en plein janvier n’avance pas la saison et peut abréger sa vie. Quand l’activité et les œufs réapparaissent, revenez aux insectes.

Comportement et observation

Prudentes au début, assurées ensuite. Dans une jeune colonie, les petites ouvrières sont craintives et se cachent au moindre mouvement brusque. À mesure que la colonie grandit et que des ouvrières plus grandes apparaissent, elle prend confiance et occupe l’aire de chasse avec aisance.

Des gestes à ne pas manquer. Le couvain voyage dans le nid selon la température, à la recherche de sa « pierre chaude ». Observez aussi la trophallaxie, quand deux ouvrières se passent de la nourriture de bouche à bouche, et la toilette de l’acidopore. Et regardez l’aire de chasse avec une lumière rasante : c’est alors que les bandes du gastre scintillent.

Regardez-la autant que vous voulez. Une colonie de fourmis, c’est fait pour en profiter et apprendre d’elle, pas pour rester enfermée dans un placard : c’est ainsi que nous le voyons chez Antomas. Avec des chambres sombres et une aire de chasse bien éclairée, vous pouvez l’observer chaque jour ; évitez seulement de secouer le nid ou d’intervenir plus que nécessaire.

Signaux d’alarme :

  • Couvain bloqué en pleine saison active : presque toujours un manque de chaleur ou de nourriture protéinée.
  • Gouttes sur les parois, moisissure ou acariens : trop d’eau ou de la nourriture oubliée.
  • Larves et nymphes entassées près du coin humide : le nid est devenu trop sec.

Qu’elles ne s’échappent pas

Comme toutes les charpentières, elle grimpe sans peine sur le plastique et le verre, et C. micans ne fait pas exception. Bien protégée, elle ne s’échappe pas :

  • Huile minérale ou talc sur le bord supérieur de l’aire de chasse, sans interruption. Changez l’huile quand elle prend la poussière et le talc quand il s’agglomère avec l’humidité.
  • Un couvercle qui ferme bien, au cas où l’une d’elles franchirait la barrière.
  • Raccords et bouchons vérifiés, surtout au passage à la gamme Alpha et lors de l’ajout de modules.
  • Rien qui puisse faire office de pont près de la barrière, et du calme à l’ouverture.

Est-ce qu’elle mord ? Sécurité et manipulation

Aucun risque. Elle n’a pas d’aiguillon. Une ouvrière qui se sent attaquée peut mordre, mais la morsure de C. micans est faible, plus encore que celle des grandes ouvrières de C. cruentatus, et se limite tout au plus à un pincement. Elle peut aussi libérer un peu d’acide formique : ce n’est qu’en en manipulant énormément avec les doigts qu’on pourrait avoir un petit durillon, et ce serait exagérer, car cela n’arrive presque jamais.

Pour leur bien, déplacez-les avec un pinceau ou une pince à bouts souples, pas à la main. Ne mélangez pas les colonies et n’introduisez pas de nouvelles reines dans une colonie. Et bien qu’elle soit indigène, une colonie élevée à la maison ne doit jamais être relâchée dehors.

Les erreurs à éviter

  • Mettre deux reines ensemble ou ajouter une reine à une colonie qui fonctionne déjà.
  • Servir le nectar sur du coton ou oublier de remplir l’abreuvoir.
  • Ne donner qu’un seul type de proie ou laisser les restes s’accumuler.
  • Sauter le repos d’hiver, refroidir sous zéro ou réveiller la colonie en janvier.
  • Passer brutalement du chaud au froid, ou du froid au chaud.
  • Inonder le nid ou installer une colonie minuscule dans une fourmilière immense.
  • Oublier de renouveler l’huile ou le talc, ou laisser des raccords desserrés.
  • Relâcher la colonie dans la nature.

Sources scientifiques

Pour cette fiche, nous sommes partis de la littérature scientifique sur Camponotus micans, son sous-genre et son genre, des données de répartition et du climat de son aire, et de ce que nous avons appris chez Antomas et de ce que rapportent d’autres éleveurs. Pour la taxonomie ibérique, nous nous sommes aussi appuyés sur les clés de Gómez et Espadaler (Hormigas ibéricas) et sur García (2025), Arquivos Entomolóxicos 32 : 73–79. Principales références :

  1. Cagniant, H. (1996). Les Camponotus du Maroc (Hymenoptera: Formicidae): clé et catalogue des espèces. Annales de la Société entomologique de France (N.S.) 32: 87–100. doi:10.1080/21686351.1996.12278857
  2. Ward, P. S. & Boudinot, B. E. (2021). Grappling with homoplasy: taxonomic refinements and reassignments in the ant genera Camponotus and Colobopsis (Hymenoptera: Formicidae). Arthropod Systematics & Phylogeny 79: 37–56. doi:10.3897/asp.79.e66978
  3. Ward, P. S., Blaimer, B. B. & Fisher, B. L. (2016). A revised phylogenetic classification of the ant subfamily Formicinae (Hymenoptera: Formicidae), with resurrection of the genera Colobopsis and Dinomyrmex. Zootaxa 4072: 343–357. doi:10.11646/zootaxa.4072.3.4
  4. Janicki, J., Narula, N., Ziegler, M., Guénard, B. & Economo, E. P. (2016). Visualizing and interacting with large-volume biodiversity data using client–server web-mapping applications: the design and implementation of antmaps.org. Ecological Informatics 32: 185–193. doi:10.1016/j.ecoinf.2016.02.006
  5. Shi, N. N., Tsai, C.-C., Camino, F., Bernard, G. D., Yu, N. & Wehner, R. (2015). Keeping cool: enhanced optical reflection and radiative heat dissipation in Saharan silver ants. Science 349: 298–301. doi:10.1126/science.aab3564
  6. Cerdá, X., Retana, J. & Cros, S. (1997). Thermal disruption of transitive hierarchies in Mediterranean ant communities. Journal of Animal Ecology 66: 363–374. doi:10.2307/5982
  7. Retana, J. & Cerdá, X. (2000). Patterns of diversity and composition of Mediterranean ground ant communities tracking spatial and temporal variability in the thermal environment. Oecologia 123: 436–444. doi:10.1007/s004420051031
  8. Stadler, B. & Dixon, A. F. G. (2005). Ecology and evolution of aphid-ant interactions. Annual Review of Ecology, Evolution, and Systematics 36: 345–372. doi:10.1146/annurev.ecolsys.36.091704.175531
  9. Feldhaar, H., Straka, J., Krischke, M., Berthold, K., Stoll, S., Mueller, M. J. & Gross, R. (2007). Nutritional upgrading for omnivorous carpenter ants by the endosymbiont Blochmannia. BMC Biology 5: 48. doi:10.1186/1741-7007-5-48
  10. Tragust, S. et al. (2020). Formicine ants swallow their highly acidic poison for gut microbial selection and control. eLife 9: e60287. doi:10.7554/eLife.60287
  11. Boulay, R., Arnan, X., Cerdá, X. & Retana, J. (2014). The ecological benefits of larger colony size may promote polygyny in ants. Journal of Evolutionary Biology 27: 2856–2863. doi:10.1111/jeb.12515
  12. Keller, L. & Passera, L. (1989). Size and fat content of gynes in relation to the mode of colony founding in ants (Hymenoptera; Formicidae). Oecologia 80: 236–240. doi:10.1007/BF00380157
  13. Haskins, C. P. & Haskins, E. F. (1992). Note on extraordinary longevity in a queen of the formicine ant genus Camponotus. Psyche 99: 31–33. doi:10.1155/1992/53614
  14. Keller, L. & Genoud, M. (1997). Extraordinary lifespans in ants: a test of evolutionary theories of ageing. Nature 389: 958–960. doi:10.1038/40130
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