Acheter Myrmecocystus mimicus – Colonie de fourmis | Antomas
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Myrmecocystus mimicus

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Guerrières de midi du désert de Chihuahua. Myrmecocystus mimicus ne règle pas ses guerres dans le sang, mais par des tournois : des centaines d’ouvrières paradent sur leurs pattes tendues, gonflent leur gastre et se jaugent pendant des jours, jusqu’à ce que la colonie la plus forte attaque la plus faible et emporte son couvain, ses futures esclaves et même ses réplètes, garde-manger vivants gorgés de nectar. Bicolore, à la tête et au thorax rougeâtres, chasseuse implacable de termites, c’est la fourmi pot de miel que Bert Hölldobler a rendue légendaire. Colonies avec reine. Livraison dans toute l’Europe, arrivée vivante garantie.

Colonie

 

Difficulté : 4/5 – Avancé

La fourmi pot de miel guerrière du désert : diurne, bicolore (tête et thorax rougeâtres, gastre sombre), chasseuse de termites et vedette des célèbres tournois ritualisés de Bert Hölldobler, qui finissent parfois en raids et en esclavage. Colonies avec reine. Nid Qbik Wild avec de la hauteur pour les réplètes, température d’une maison (les éleveurs qui réussissent : 24–31 °C), sucre au compte-gouttes jusqu’à l’apparition des premières réplètes puis à volonté, proies minuscules presque tous les jours et diapause d’environ 4 mois, de novembre à février, à 15–18 °C. L’huile minérale suffit comme barrière.

Myrmecocystus mimicus Wheeler, 1908 est une fourmi pot de miel des régions arides du sud-ouest des États-Unis et du nord du Mexique. Comme toutes les Myrmecocystus, elle stocke le nectar dans des ouvrières réplètes, des garde-manger vivants suspendus au plafond du nid, le gastre gonflé comme un grain de raisin. Mais sa place d’honneur dans les manuels de myrmécologie, elle la doit à sa façon de régler les conflits : des tournois où des centaines d’ouvrières se jaugent par des postures et des parades, presque sans se toucher, et qui se terminent parfois par le raid du nid le plus faible.

C’est le myrmécologue allemand Bert Hölldobler qui l’a rendue célèbre : il l’a étudiée pendant des années dans le désert de Chihuahua, près de Portal (Arizona) et de Rodeo (Nouveau-Mexique), et a publié en 1976 dans Science « Tournaments and slavery in a desert ant » (tournois et esclavage chez une fourmi du désert). Dans cette fiche, nous séparons ce qui est documenté dans ces études de ce que nous avons appris en l’élevant chez Antomas.

Biologie

Des tournois sans effusion de sang : la parade sur échasses

Deux colonies voisines découvrent en même temps un festin de termites. Chez beaucoup de fourmis, cela finirait en bataille. Chez M. mimicus, cela déclenche un tournoi : les éclaireuses recrutent une petite armée, souvent de deux cents ouvrières ou plus, et en quelques minutes des centaines de fourmis des deux colonies se retrouvent face à face. Mais elles ne se sautent pas à la gorge. Elles paradent :

  • Elles marchent sur leurs pattes tendues, comme sur la pointe des pieds ou sur des échasses : c’est la posture des tournois, que les auteurs appellent en anglais stilt legs, « pattes d’échasses ».
  • Elles lèvent la tête et le gastre et se placent de profil face à la rivale, pour paraître plus grandes.
  • Elles se tambourinent avec les antennes et se repoussent à coups de pattes.
  • Certaines gonflent leur gastre, et on a vu des ouvrières grimper sur un petit caillou pour gagner en hauteur.

Chaque rencontre dure d’une à trois secondes au début et jusqu’à une trentaine une fois le tournoi installé. Il y a des feintes et quelques rares morsures, mais presque jamais de vrai combat : si une grande ouvrière affronte une petite, c’est la petite qui cède. Seules les ouvrières d’une autre colonie de la même espèce déclenchent cette parade ; entre compagnes de nid, le salut dure une ou deux secondes.

Un tournoi peut durer plusieurs jours. Il s’interrompt la nuit et, vers cinq heures et demie du matin, chaque colonie renvoie son contingent au même endroit, avant même de commencer à fourrager. Il y a même des « sentinelles » : des groupes d’une à six ouvrières qui, dressées sur leurs pattes et souvent perchées sur un petit caillou, occupent chaque jour le même point jusqu’à la tombée de la nuit. Entre voisines s’établit aussi un ordre de dominance qui, avec le temps, s’inverse parfois.

Jauger l’adversaire sans combattre : le recensement des grandes ouvrières

Pourquoi tout ce théâtre ? Hölldobler a mesuré les participantes : les ouvrières des tournois sont plus grandes que les fourrageuses, avec une tête de 1,43 mm de large en moyenne contre environ 1,0 mm. Chaque colonie envoie au front ses membres les plus imposants.

En 1983, Charles Lumsden et Hölldobler lui-même ont proposé que le tournoi soit un système de communication entre colonies, une sorte de recensement. Les colonies matures produisent des ouvrières plus grandes : la proportion de géantes dans le tournoi, et la fréquence à laquelle chaque ouvrière croise des rivales, renseignent donc sur la taille de l’autre colonie. C’est comme deux armées qui défilent avant de décider si le combat en vaut la peine : la parade permet d’évaluer l’adversaire sans payer le prix d’une bataille.

Des frontières qui se déplacent avec la nourriture

La plupart des fourmis territoriales défendent un espace fixe. Pas M. mimicus : elle a des territoires spatio-temporels. Chaque colonie ne défend que l’endroit où elle fourrage à ce moment-là, et le tournoi s’installe là où se trouve la nourriture. Très souvent, cet endroit est l’entrée même du nid rival : la colonie la plus forte plante son armée à la porte de la voisine et l’occupe pendant que ses fourrageuses profitent du butin. Dans les zones d’étude, les nids étaient plus régulièrement espacés que ne le voudrait le hasard, à 10–45 m de leur plus proche voisin, avec des aires de fourragement qui se chevauchent : le schéma typique d’une compétition intense.

Chasseuse de termites

Les fourmis pot de miel ont la réputation de vivre de nectar, et M. mimicus en récolte bien sur des plantes du désert comme Eriogonum ou le micocoulier épineux (Celtis pallida), en plus du miellat des pucerons et d’autres hémiptères. Mais sa proie vedette est ailleurs. En 27 heures d’observation de trois nids, Hölldobler a noté ce que rapportaient les fourrageuses :

  • 928 charges étaient des termites, plus de la moitié des 1 747 enregistrées ;
  • 167 étaient d’autres insectes et seulement 20 des graines ;
  • 632 ouvrières revenaient sans rien de visible, probablement avec du liquide dans le jabot.

Les termites apparaissent par taches imprévisibles, sous les bouses sèches ou dans des galeries du sol, et pour en profiter il faut arriver vite et en nombre. L’éclaireuse qui les trouve rentre en marquant une piste avec le contenu de son intestin puis, dans le nid, se secoue devant ses compagnes et libère la sécrétion de la glande à venin. Elle entraîne ainsi des colonnes de 20–50 ouvrières, parfois de 100–300, qui parcourent jusqu’à 48 m. Les éclaireuses s’orientent aussi à la vue : tous les 50–70 cm, elles s’arrêtent, se retournent et « regardent » en arrière.

Ce qui compte à la maison : M. mimicus n’est pas une gourmande qui vit de sucre, mais une chasseuse qui a besoin de beaucoup de protéines pour élever son couvain (voir « Protéines : termites et proies miniatures »).

Quand le tournoi se termine en raid

Quand une colonie est beaucoup plus forte que l’autre, la parade est courte et la plus faible est attaquée. Hölldobler a enregistré 34 raids, environ 8 % des tournois, et a vu ce qui se passait à l’intérieur :

  • la reine résidente a été tuée dans trois cas et chassée dans deux autres ;
  • les assaillantes ont emporté dans leur propre nid des larves, des nymphes, des ouvrières tout juste écloses et même des réplètes : jusqu’à 293 larves, 318 nymphes et 117 réplètes vivantes en un seul raid.

Ce couvain achève son développement dans la colonie victorieuse et travaille pour elle : c’est de l’esclavage au sein de la même espèce, et M. mimicus en a été le premier cas connu chez les fourmis. Les réplètes intactes sont elles aussi intégrées : la gagnante obtient à la fois de futures ouvrières et les garde-manger de sa rivale. Toutes les colonies attaquées étaient jeunes, et l’assaillante était au moins dix fois plus grande. Les plus éloignées, à 16–26 m, ont résisté autrement : elles ont bouché leur entrée avec des cailloux et des brindilles.

Des raids sans prévenir contre les colonies naissantes

Une étude de 2011 de Hölldobler, Barbara Grillenberger et Jürgen Gadau, fondée sur dix saisons de terrain, a montré que tous les raids ne commencent pas par un tournoi : les colonies matures cherchent activement les colonies naissantes et les pillent purement et simplement.

  • Les auteurs ont documenté 17 raids complets sans tournoi, avec un butin allant jusqu’à 137 larves, 152 nymphes et 23 réplètes.
  • Beaucoup de réplètes n’étaient pas emportées : elles étaient vidées sur place, et jusqu’à 409 ouvrières quittaient le nid pillé le jabot plein.
  • Sur vingt nids naissants artificiels de 100–200 ouvrières, neuf ont été découverts et pillés en seulement 18 jours, l’un d’eux à 16 m de la colonie mature.

Les éclaireuses inspectent l’entrée, rentrent en traçant une piste avec la pointe du gastre et reviennent à la tête d’un essaim. Pour une jeune reine, le voisinage est très dangereux : elle ne parvient presque jamais à s’installer à moins de 3 m environ d’une colonie mature, et entre 3 et 15 m elle court un risque élevé d’être attaquée.

Esclaves de sa sœur : le cas de M. depilis

À Portal et à Rodeo, M. mimicus partage le terrain avec son espèce sœur, M. depilis, si semblable que les petites ouvrières des deux espèces ne se distinguent parfois qu’avec des marqueurs génétiques. La relation est déséquilibrée : M. depilis attaque les colonies de M. mimicus, et non l’inverse. En 2003, les analyses génétiques de Daniel Kronauer, Jürgen Gadau et Bert Hölldobler ont trouvé des ouvrières de M. mimicus au travail dans des nids de M. depilis : en plus de l’esclavage au sein de chaque espèce, il existe un esclavage entre espèces.

Les deux sœurs ont des styles différents. Les tournois de M. depilis sont plus courts, d’une demi-heure à deux heures, et tournent plus vite au combat, et l’espèce est strictement monogyne : sur 397 colonies naissantes et 27 colonies de deux ans, toutes avaient une seule reine. Curieusement, on n’a jamais observé de tournoi entre les deux espèces.

Et un détail pratique : un gastre noirâtre avec la tête et le thorax enfumés est justement ce qui caractérise M. depilis. On attribue parfois à M. mimicus un gastre « pratiquement noir », mais il est plus sombre que l’avant du corps, pas noir (voir « Taille et morphologie »).

Fonder en groupe… pour finir avec une seule reine

Après le vol nuptial, qui dans ce genre suit généralement les fortes pluies d’été, la reine perd ses ailes, creuse une loge et s’y enferme. La fondation est claustrale : elle élève ses premières ouvrières sans sortir se nourrir, grâce à ses réserves de graisse et aux muscles d’ailes dont elle n’a plus besoin.

Chez M. mimicus, elle ne le fait souvent pas seule. En 1982, Steven Bartz et Bert Hölldobler ont constaté à Portal que, juste après le vol, la plupart des nids de fondation avaient une reine, mais qu’en les ouvrant plus tard la plupart en avaient de 2 à 4, et certains jusqu’à neuf. C’est la pléométrose, la fondation en groupe, et ces nids se regroupent en taches éloignées des colonies matures. On a même étudié les déplacements des reines pendant la fondation.

Pourquoi coopèrent-elles ? Parce que la compétition commence très tôt. Au laboratoire, les nids à plusieurs reines élevaient nettement plus d’ouvrières, et les colonies naissantes voisines se volaient le couvain jusqu’à le réunir tout entier dans une seule loge ; en chemin, les ouvrières abandonnaient souvent leur propre mère. Celle qui a le plus d’ouvrières la première l’emporte.

L’alliance est temporaire : à la naissance des premières ouvrières, ce sont elles qui éliminent des reines jusqu’à ce que, presque toujours, il n’en reste qu’une. Pas toujours : en 2011, la génétique a montré que 4 colonies matures sur 14 étaient polygynes, avec 2–4 lignées de mères non apparentées. C’est une polygynie facultative, possible mais minoritaire. Sa sœur M. depilis, elle, n’accepte jamais de fonder en groupe.

Et à la maison ? Chez Antomas, nous élevons et vendons M. mimicus comme espèce monogyne, avec une reine par colonie, et nous recommandons de toujours fonder séparément (voir « Une colonie, une reine »). Si vous cherchez une fourmi pot de miel chez laquelle plusieurs reines cohabitent durablement, c’est une autre espèce de notre catalogue : Myrmecocystus mendax, que nous vendons en colonies avec 2 ou 3 reines.

Des garde-manger vivants de la taille d’un petit pois

Les réplètes sont des ouvrières ordinaires au destin particulier. Ce sont en général les plus grandes de la colonie, et leurs compagnes les gavent de nectar jusqu’à ce que le jabot social, la partie du tube digestif où les fourmis gardent la nourriture qu’elles partagent, occupe presque tout le gastre. Les plaques de l’abdomen restent comme des îlots sur une membrane tendue et translucide, et la réplète pend immobile au plafond ; quand une autre ouvrière lui touche les antennes, elle lui rend la nourriture de bouche à bouche. Selon l’espèce, elles atteignent la taille d’un petit pois ou d’une cerise.

  • Elles ne naissent pas réplètes : elles le deviennent. Si on retire les réplètes, les ouvrières suivantes par la taille les remplacent. Elles se forment en général dans les deux semaines qui suivent l’émergence, mais des ouvrières plus âgées peuvent aussi le devenir.
  • Leur miel a une recette. Celles de M. mimicus et de M. mexicanus analysées en Arizona contenaient 47–49 % de fructose, 42–44 % de glucose et 7–8 % de maltose.
  • Toutes ne stockent pas du sucre. Le genre compte des réplètes claires, presque remplies d’eau, et des réplètes laiteuses, riches en protéines et en graisses.
  • Elles se vident et se remplissent. Une réplète vidée ne meurt pas : elle devient flasque et peut se remplir à nouveau.

Sur la photo de notre produit, vous verrez une réplète au gastre vert translucide. La couleur d’une réplète dépend de ce qu’elle stocke : l’entomologiste John Conway a donné à des colonies de M. mexicanus de l’eau sucrée colorée en bleu ou en rouge et a obtenu des réplètes bleues et rouges.

Réplètes de M. mimicus suspendues au plafond du nid : voici un garde-manger vivant vu de l’intérieur (vidéo d’Anthouse).

En captivité, les premières réplètes ne proviennent pas de la première génération d’ouvrières, qui sont petites : elles arrivent plus tard, quand naissent de grandes ouvrières (voir « Sucre : du compte-gouttes au buffet à volonté »).

Fourmi de midi

Dans le désert, les fourmis pot de miel travaillent par équipes. À Portal et à Rodeo, M. mexicanus et M. navajo, pâles et aux grands yeux, sortent la nuit ; M. mimicus et M. depilis, plus sombres, sont strictement diurnes. Notre espèce fourrage le plus intensément aux heures centrales de la journée, avec des sorties en masse de plus de cent ouvrières.

Roy Snelling a regroupé ces fourmis pot de miel sombres et diurnes dans Endiodioctes, « chasseuse de midi » en grec, par opposition aux espèces pâles et nocturnes du groupe de M. mexicanus. Ces sous-genres ne sont plus utilisés formellement, car l’ADN suggère que la vie diurne ou nocturne est apparue plus d’une fois dans le genre, mais ils décrivent bien deux modes de vie. D’après une étude de 1978 de Kay et Whitford :

  • Les espèces diurnes, comme M. mimicus, sont immobilisées par le froid vers 11–12 °C, mais sortent avec un air à 13–46 °C et un sol jusqu’à 60 °C.
  • Les espèces nocturnes, comme M. mexicanus, bougent encore à près de 0 °C et travaillent entre 2 et 30 °C.

C’est pourquoi la diapause de M. mimicus doit être plus douce que celle des fourmis pot de miel nocturnes (voir « Diapause : quatre mois d’hiver doux »).

Des cailloux dans l’entrée et des lézards à l’affût

Travailler en plein soleil comporte des risques. Le lézard cornu Phrynosoma modestum mange chaque jour 0,5 à 1 % des fourrageuses des colonies de M. mimicus et de M. depilis qu’il surveille. Et la petite fourmi Dorymyrmex bicolor pratique l’une des formes de compétition les plus curieuses que l’on connaisse : elle jette des petits cailloux dans l’entrée des fourmis pot de miel voisines, jusqu’à 200 en cinq minutes, et les oblige à cesser de fourrager. Dans le désert, défendre sa porte est une question de survie.

Du sud-ouest du Kansas à la Californie

D’après la révision de Snelling, M. mimicus s’étend du sud-ouest du Kansas au Big Bend du Texas et au centre-nord du Mexique, et vers l’ouest jusqu’à la Californie et la Basse-Californie. Les signalements se concentrent en Arizona, au Texas, au Nouveau-Mexique et en Californie, avec moins de données au Nevada ; au Mexique, surtout au Chihuahua, mais aussi au Sonora, en Basse-Californie, au Durango, au Nuevo León, à San Luis Potosí, au Coahuila et au Zacatecas. Elle a parfois été citée du Colorado, mais cet État n’apparaît ni dans la révision de Snelling ni dans les données que nous avons consultées.

Elle vit dans les déserts, les prairies sèches et les savanes à prosopis et acacias, des terrains ouverts et très ensoleillés. Ses nids souterrains offrent à la reine, au couvain et aux réplètes des conditions bien plus stables qu’en surface, avec des loges basses, voûtées et au plafond rugueux.

Un nom de 1908 qui mélangeait trois espèces

William Morton Wheeler l’a décrite en 1908 comme une forme de M. melliger, mais d’après les spécialistes ce matériel contenait aussi des spécimens aujourd’hui attribués à M. depilis et à M. romainei. C’est pourquoi les anciennes données sur « mimicus » doivent être lues avec prudence, et dans cette fiche nous nous appuyons surtout sur les études de Hölldobler et sur la génétique moderne.

L’ADN a remis de l’ordre : M. mimicus et M. depilis sont des espèces sœurs, et le genre, avec 29 espèces décrites, est proche parent de Lasius, le genre de la fourmi noire des jardins. Selon la phylogénie de 2021 de Tobias van Elst et ses collaborateurs, il s’est diversifié il y a environ 14 millions d’années, à mesure que se formaient les déserts nord-américains. Les fourmis pot de miel d’autres continents, comme l’australienne Camponotus inflatus, sont arrivées seules à la même solution : c’est de la convergence évolutive.

Taille et morphologie

Fourmi pot de miel de taille moyenne à grande, polymorphe, agile, aux longues pattes et sans aiguillon, avec une coloration bicolore frappante.

  • Couleur de nos colonies. Ouvrières à tête et thorax rougeâtres et gastre sombre. La reine a la tête et le mésosome (le thorax) brun rougeâtre et le gastre brun foncé, avec des bandes.
  • Couleur selon la science. Wheeler a décrit la forme typique avec la tête, le thorax, les antennes et les pattes d’un brun rouge uniforme, et Snelling avec le front et l’occiput lisses et brillants. Le gastre est plus sombre, mais pas noir : un gastre noirâtre avec l’avant du corps enfumé est la marque de M. depilis.
  • Pilosité. Courte. Chez les petites ouvrières, les poils du pronotum ont tous la même longueur ; chez M. depilis, leur longueur varie beaucoup.
  • Polymorphisme graduel. Pas de soldates, mais une gamme continue de tailles. Les grandes sont les vedettes des tournois et deviennent des réplètes ; les petites s’occupent du couvain.
  • Pattes. Longues et rapides. Les « pattes d’échasses », en revanche, ne sont pas un trait du corps mais une posture : celle des ouvrières qui marchent sur la pointe des pieds pendant les tournois.
  • Réplètes. Une grande ouvrière au gastre énormément distendu ; sur notre photo, vert translucide.
  • Défense. Comme toutes les formicines, elle n’a pas d’aiguillon : elle mord et libère de l’acide formique par l’acidopore, à la pointe du gastre.

Mesures approximatives

  • Ouvrières fourrageuses : largeur de la tête d’environ 1,0 mm en moyenne (Hölldobler, 1981)
  • Ouvrières de tournoi : largeur de la tête de 1,43 mm en moyenne (Hölldobler, 1981)
  • Longueur totale des ouvrières : environ 4–10 mm, à titre indicatif seulement (pas de source publiée)
  • Reine : pas de mesure publiée à laquelle nous ayons pu accéder
  • Réplètes : gastre de la taille d’un petit pois ou d’une cerise

Les mesures de référence figurent dans la révision du genre de Snelling (1976), que nous n’avons pas pu consulter. Le chiffre de 8–10 mm parfois donné pour la reine n’a pas de source et paraît faible : Wheeler a mesuré 12 mm chez la femelle de M. melliger, du même groupe. Nous l’avons retiré jusqu’à pouvoir le vérifier.

Élevage en captivité

Difficulté : 4/5 – Avancé

Chez Antomas, nous considérons M. mimicus comme une espèce pour éleveurs expérimentés. Non pas parce qu’elle serait agressive ou s’évaderait facilement, ce qui n’est pas le cas, mais parce que les fourmis pot de miel exigent de comprendre leur rythme :

  • Un départ lent et fragile. D’après notre expérience, la colonie n’est consolidée qu’au-delà d’une centaine d’ouvrières, ce qui peut prendre environ deux ans.
  • Un sucre qui se dose. D’abord au compte-gouttes, pour que la reine ne devienne pas une réplète ; ensuite, à volonté.
  • Des réplètes délicates, qu’une chute ou un choc peut faire éclater.
  • Une diapause sur mesure : environ quatre mois et douce, car le froid la paralyse plus tôt que les fourmis pot de miel nocturnes.

Est-ce que cela en vaut la peine ? Énormément. C’est l’une des fourmis à l’histoire la plus riche de la myrmécologie, active en plein jour, chasseuse en groupe, et qui, avec le temps, remplit son nid de garde-manger vivants. Voir la première réplète suspendue au plafond est l’un des grands moments de ce loisir.

Paramètres recommandés

  • Température : chez Antomas, nous les gardons pratiquement à la température ambiante d’une maison. Les éleveurs qui réussissent avec le genre utilisent 24–31 °C, avec un point chaud d’un côté, et citent environ 29 °C comme valeur idéale ; espèce diurne, M. mimicus apprécie cette zone chaude près du couvain.
  • Réplètes, loin de la chaleur : dans une zone stable et tempérée, à l’opposé de la source de chaleur.
  • Humidité : nid majoritairement sec, avec un point humide près du couvain et sans condensation.
  • Aire de chasse : sèche et bien ventilée.
  • Eau : toujours, dans un tube à essai avec de l’eau et du coton dans l’aire de chasse.
  • Nid : loges horizontales avec de la hauteur pour que les réplètes puissent pendre, et surfaces rugueuses.
  • Lumière : zone sombre dans le nid et aire de chasse éclairée.
  • Diapause : environ 4 mois, de novembre à février, à 15–18 °C.

Une colonie, une reine

Dans la nature, les reines de M. mimicus fondent souvent en groupe, mais les ouvrières éliminent ensuite les reines en trop. Chez Antomas, nous la traitons comme ce qu’elle est dans la grande majorité de ses colonies : une espèce monogyne. Nos colonies ont une seule reine, et les consignes sont claires :

  • Fondez toujours séparément. Si vous avez de jeunes reines, chacune dans son tube : une association qui fonctionne dans la nature peut finir en massacre dans un tube à essai.
  • Ne réunissez ni reines ni colonies, et ne reliez jamais deux nids habités : les raids et les vols de couvain étudiés par Hölldobler sont exactement ce qui se produirait.

Une jeune colonie : les premiers mois

Nous vendons M. mimicus en jeune colonie, dans l’option « Reine et 5/15 ouvrières avec couvain » : une reine avec cinq à quinze ouvrières et du couvain, dans un tube à essai (selon les disponibilités, aussi des reines avec couvain). À quoi s’attendre :

  • À l’arrivée, laissez le tube dans un endroit calme, à température ambiante et à l’abri du soleil direct, et vérifiez le réservoir d’eau. Inutile de la transférer dans le nid le premier jour.
  • Les premières ouvrières sont petites et ne deviennent pas des réplètes. Les réplètes arrivent avec la deuxième ou la troisième génération.
  • La croissance se fait par à-coups, avec des poussées et des pauses, et les éleveurs s’accordent à dire que c’est la phase où l’on perd le plus de colonies.
  • L’objectif des premiers mois est une colonie bien nourrie qui grandit, pas d’obtenir des réplètes le plus vite possible.

La mort sucrée : quand la reine devient une réplète

C’est l’erreur la plus sournoise avec les fourmis pot de miel. Dans une petite colonie sans réplètes, le nectar en trop ne peut être stocké nulle part, et les ouvrières gavent celle qui peut l’emmagasiner : la reine. Son gastre gonfle comme celui d’une réplète, elle devient maladroite et pond beaucoup moins, voire plus du tout. La colonie stagne, et la reine peut même mourir. C’est la « mort sucrée ». Il n’existe pas d’études scientifiques à ce sujet : c’est de l’expérience d’élevage, la nôtre et celle d’autres éleveurs, et cette vidéo le montre très bien.

Reines de fourmis pot de miel gonflées de nectar pendant la fondation : le risque qu’évite le compte-gouttes (vidéo d’Anthouse).

La solution : tant qu’il n’y a pas de réplètes, le sucre se donne au compte-gouttes. Une ou deux gouttelettes que la colonie consommera rapidement, sur un petit morceau de papier aluminium ou dans un petit abreuvoir, en retirant les restes. Ainsi tout le monde mange, mais il n’y a pas d’excédent qui finisse dans le corps de la reine. Quand vous verrez pendre les premières réplètes, elles prendront le relais.

Fourmilières recommandées

Les fourmis pot de miel ont besoin de loges hautes, pour que les réplètes puissent pendre, et de surfaces rugueuses. Les fourmilières verticales sont à réserver aux grandes colonies : à une jeune colonie, elles offrent trop d’espace et compliquent le contrôle de la nourriture et de l’humidité.

Pour commencer, le Qbik Wild One P 1C, un module d’environ 6,8 × 6,8 cm et 5 cm de haut avec un point d’humidité central, conçu pour de petites colonies de grandes fourmis. Il offre assez de hauteur pour que les premières réplètes puissent pendre et une surface bien proportionnée pour la reine et le couvain, et garde la colonie compacte et facile à surveiller.

Pour les colonies matures, le Qbik Wild NoNa Diáfano, sans loges prédessinées : les ouvrières creusent leur propre réseau dans le substrat et y créent des loges basses, au plafond rugueux, sur plusieurs niveaux, comme dans leurs nids naturels. Utilisez un substrat compact, qui ne s’effondre pas sur les réplètes, et humidifiez-le en un seul point. Il est réservé aux grandes colonies.

Nous recommandons aussi les hybrides. Le Qbik Wild Duo P 2C Híbrido associe un réservoir inférieur qui humidifie le nid par évaporation, sans que l’eau touche les loges, et un tube abreuvoir latéral. Pour les fourmis pot de miel, c’est idéal : une humidité stable et sans condensation pour les réplètes, et de l’eau toujours à portée. Si vous chauffez, placez la chaleur sur un côté, jamais sous le réservoir.

Les Qbik sont modulaires : quand la colonie grandit, on y raccorde de nouveaux modules. Complétez l’installation avec une aire de chasse sèche, le tube d’eau, un abreuvoir pour le sucre et la barrière d’huile minérale.

Humidité : un nid sec avec un coin humide

Bien qu’elle vienne du désert, M. mimicus ne vit pas dans un nid desséché : sous terre, ses loges ont une humidité et une température bien plus stables qu’en surface. En élevage :

  • un gradient, avec un point humide près du couvain et le reste plus sec ;
  • des loges de réplètes stables et sans condensation : sur un plafond mouillé, les réplètes perdent prise et tombent ;
  • de l’eau à boire toujours disponible.

Si vous voyez des gouttelettes au plafond ou de la moisissure, arrêtez d’humidifier quelques jours et retirez les restes.

Sucre : du compte-gouttes au buffet à volonté

  • Jusqu’aux premières réplètes, au compte-gouttes, plusieurs fois par semaine (voir « La mort sucrée : quand la reine devient une réplète »).
  • Dès l’apparition des premières réplètes, ad libitum. À partir de là, le sucre ne doit jamais manquer : remplir les réplètes est leur travail, et avec trop peu de sucre elles ne se forment pas.

Variez les sucres : chez Antomas, nous recommandons le nectar Blue Sugar d’Anthouse 4–5 fois par semaine et un autre liquide sucré ou nectar 1–2 fois par semaine ; vous pouvez aussi ajouter un peu de protéines au nectar. Proposez-les toujours dans un abreuvoir, jamais sur du coton, qui moisit et abîme très vite le liquide : un abreuvoir classique ou fait maison, où la goutte reste « étalée » et accessible, est le meilleur choix. Et le nectar ne remplace pas le tube d’eau, qui doit toujours être plein.

Protéines : termites et proies miniatures

Avec 928 charges de termites sur 1 747, M. mimicus montre bien qu’elle ne vit pas que de nectar. La routine d’Antomas :

  • Au début, des proies exagérément petites : Drosophila, thermobies (Thermobia), termites d’élevage et micro-grillons, si possible tous les jours.
  • Quand la colonie grandit, des proies plus grandes, comme des mouches, des grillons ou de petites blattes, en plus grande quantité mais de façon plus espacée, pas tous les jours.
  • Changez d’insecte chaque semaine.

Si vous faites un entretien quotidien et retirez les restes, mieux vaut suralimenter : la colonie comprend qu’elle a des ressources et grandit plus vite. Si vous ne pouvez pas nettoyer souvent, mieux vaut s’en abstenir, car les restes attirent moisissures et acariens. Comme elle est diurne, donnez les protéines le matin ou à midi et retirez les restes l’après-midi.

Comment se nourrissent les larves d’une fourmi pot de miel : larves de M. placodops mangeant des protéines chez Antomas (chaîne d’Antomas).

Déménagement par renversement

Chez Antomas, les fourmis pot de miel déménagent par renversement : on ouvre le tube ou l’ancien nid dans l’aire de chasse du nouveau, près de l’entrée, et on fait glisser doucement la colonie. Avec les réplètes, prudence :

  • Déménagez tôt, avant qu’il y ait beaucoup de réplètes : un tube avec 5–15 ouvrières se renverse sans problème.
  • Renversez de faible hauteur sur une surface douce, comme du sable.
  • Les réplètes, sans pince : leur gastre éclate facilement. Guidez-les avec un pinceau souple, sans appuyer, ou laissez les ouvrières les traîner.
  • Préparez tout à l’avance et laissez le nouveau nid dans l’obscurité pour qu’elles l’occupent tout de suite.

Diapause : quatre mois d’hiver doux

Chez Antomas, nous faisons faire à M. mimicus une diapause d’environ 4 mois, de novembre à février, un peu plus courte que celle de nos espèces locales. Et ici, il importe qu’elle soit diurne : les fourmis pot de miel sombres s’immobilisent vers 11–12 °C, alors que les pâles et nocturnes restent actives à près de 0 °C. C’est pourquoi nous recommandons une diapause douce, vers 15–18 °C : assez fraîche pour ralentir la ponte, mais loin du seuil où elle se paralyse. C’est une valeur indicative, cohérente avec sa physiologie ; les fourmis pot de miel nocturnes peuvent passer une diapause bien plus froide.

  • Baissez et remontez la température progressivement, sur une ou deux semaines.
  • De l’eau toujours, et un abreuvoir de sucre qui ne reste jamais vide.
  • Très peu ou pas de protéines s’il n’y a pas de larves en développement.
  • S’il ne reste que des larves qui ont cessé de grandir, la colonie est au repos ; s’il y a encore de nouveaux œufs et de nouvelles nymphes, pas encore.

Comportement en captivité

Diurne et très vive. Rapide et active à la lumière et à la chaleur, c’est une espèce à observer de jour : une colonie développée forme des pistes de recrutement vers une proie en quelques minutes.

Des échos des tournois. D’après notre expérience, les grandes ouvrières adoptent parfois des postures de parade, pattes tendues et gastre levé, face à quelque chose d’inhabituel. Ne confrontez jamais deux colonies : en captivité, un tournoi peut se terminer en raid.

Observer sans crainte. Chez Antomas, nous pensons que les fourmis sont là pour être appréciées, observées et pour apprendre d’elles, pas pour rester cachées. Il suffit de leur laisser une zone sombre dans le nid et une aire de chasse éclairée, et de les observer avec délicatesse, en intervenant le moins possible. Elles s’habituent à votre présence.

Signaux d’alerte : une reine au gastre gonflé (trop de sucre), des réplètes tombées (condensation ou chocs), un couvain qui stagne hors diapause (manque de protéines) et de la moisissure (trop d’humidité ou des restes).

Évasions et barrières

M. mimicus n’est pas très portée sur l’évasion : une bande d’huile minérale en haut des parois de l’aire de chasse suffit. Renouvelez-la quand elle se couvre de poussière, ajustez bien le couvercle et ne laissez rien qui puisse servir de pont.

Manipulation et sécurité

Elle ne pique pas : elle n’a pas d’aiguillon. Si elle est coincée, elle mord et peut libérer de l’acide formique, qui pique un peu sur la peau sensible, rien de plus. Manipulez-la avec un pinceau souple ou une pince douce, jamais à mains nues ; le plus grand risque est pour elles, surtout pour les réplètes. C’est une espèce exotique : elle ne doit en aucun cas être relâchée.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Donner du sucre à volonté à une colonie sans réplètes, ou priver de sucre une colonie qui en a déjà.
  • Mettre le sucre sur du coton.
  • Lésiner sur les protéines ou donner toujours le même insecte.
  • Réunir des reines ou des colonies.
  • Décrocher des réplètes avec une pince ou les renverser de haut.
  • Chauffer sous le nid ou près des réplètes, ou détremper tout le nid.
  • Lui imposer une diapause froide, comme aux fourmis pot de miel nocturnes : vers 12 °C, elle s’immobilise.
  • Transférer une petite colonie dans un nid immense.

Sources scientifiques

Cette fiche d’élevage repose sur la littérature scientifique consacrée à Myrmecocystus mimicus et à son genre, et sur l’expérience d’Antomas et d’autres éleveurs. Principales références :

  1. Hölldobler, B. (1976). Tournaments and slavery in a desert ant. Science 192: 912–914. doi:10.1126/science.192.4242.912
  2. Hölldobler, B. (1981). Foraging and spatiotemporal territories in the honey ant Myrmecocystus mimicus Wheeler (Hymenoptera: Formicidae). Behavioral Ecology and Sociobiology 9: 301–314. doi:10.1007/BF00299887
  3. Lumsden, C. J. & Hölldobler, B. (1983). Ritualized combat and intercolony communication in ants. Journal of Theoretical Biology 100: 81–98. doi:10.1016/0022-5193(83)90093-0
  4. Bartz, S. H. & Hölldobler, B. (1982). Colony founding in Myrmecocystus mimicus Wheeler (Hymenoptera: Formicidae) and the evolution of foundress associations. Behavioral Ecology and Sociobiology 10: 137–147. doi:10.1007/BF00300174
  5. Kronauer, D. J. C., Gadau, J. & Hölldobler, B. (2003). Genetic evidence for intra- and interspecific slavery in honey ants (genus Myrmecocystus). Proceedings of the Royal Society B 270: 805–810. doi:10.1098/rspb.2002.2288
  6. Hölldobler, B., Grillenberger, B. & Gadau, J. (2011). Queen number and raiding behavior in the ant genus Myrmecocystus (Hymenoptera: Formicidae). Myrmecological News 15: 53–61. Sans DOI ; accès libre
  7. Kronauer, D. J. C., Hölldobler, B. & Gadau, J. (2004). Phylogenetics of the New World honey ants (genus Myrmecocystus) estimated from mitochondrial DNA sequences. Molecular Phylogenetics and Evolution 32: 416–421. doi:10.1016/j.ympev.2004.03.011
  8. Schooley, R. L. & Bestelmeyer, B. T. (2000). Movements during colony founding by queens of the honey ant (Myrmecocystus mimicus Wheeler). The American Midland Naturalist 144: 439–444. doi:10.1674/0003-0031(2000)144[0439:MDCFBQ]2.0.CO;2
  9. Kay, C. A. R. & Whitford, W. G. (1978). Critical thermal limits of desert honey ants: possible ecological implications. Physiological Zoology 51: 206–213. doi:10.1086/physzool.51.2.30157867
  10. Möglich, M. H. J. & Alpert, G. D. (1979). Stone dropping by Conomyrma bicolor (Hymenoptera: Formicidae): a new technique of interference competition. Behavioral Ecology and Sociobiology 6: 105–113. doi:10.1007/BF00292556
  11. Conway, J. R. (1986). The biology of honey ants. The American Biology Teacher 48: 335–343. doi:10.2307/4448321
  12. van Elst, T., Eriksson, T. H., Gadau, J., Johnson, R. A., Rabeling, C., Taylor, J. E. & Borowiec, M. L. (2021). Comprehensive phylogeny of Myrmecocystus honey ants highlights cryptic diversity and infers evolution during aridification of the American Southwest. Molecular Phylogenetics and Evolution 155: 107036. doi:10.1016/j.ympev.2020.107036
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Expérimenté
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By Zsombor on 21/10/2026

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