Acheter Strongylognathus testaceus – Colonie de fourmis | Antomas
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Strongylognathus testaceus

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Une usurpatrice aux mandibules en sabre qui vit en reine chez une autre. Strongylognathus testaceus a d’abord été décrite comme une fourmi légionnaire, mais son art est tout autre : elle s’installe auprès de la reine de Tetramorium, laisse ses ouvrières élever, nourrir et défendre la colonie, et s’approprie toute la nouvelle génération de reines et de mâles. Ses ouvrières jaunes ne savent même pas se nourrir seules, mais tuent les reines d’autres parasites qui tentent de s’infiltrer, et son camouflage chimique trompe toute la colonie. Un parasite social européen presque jamais vu en fourmilière. Colonies mixtes avec deux reines de S. testaceus et leur hôte, T. immigrans. Livraison dans toute l’Europe, arrivée vivante garantie.


 

Difficulté : 3/5 – Avancé

Parasite social permanent des Tetramorium, aux ouvrières jaunes dotées de mandibules en sabre qui ne savent même pas se nourrir seules. Colonies mixtes : deux reines de S. testaceus avec leur reine hôte de Tetramorium immigrans et ses ouvrières, qui font tout le travail. Nid Qbik Wild One P 1C avec humidité localisée, 20–25 °C et le régime d’une Tetramorium : sucre, beaucoup de petites protéines et quelques graines. Diapause de 4–5 mois à environ 5–10 °C. Patience : les ouvrières du parasite peuvent mettre jusqu’à deux ans environ à apparaître. Barrière d’huile minérale, bien surveillée, car les ouvrières sont minuscules.

Strongylognathus testaceus (Schenck, 1852) est l’une des fourmis les plus curieuses d’Europe : un parasite social permanent qui ne peut pas vivre sans une autre espèce. Ses ouvrières, petites et jaunes, ont des mandibules en forme de sabre qui ne servent ni à creuser, ni à découper la nourriture, ni à s’occuper du couvain. Ce travail, ce sont les ouvrières de son hôte, une Tetramorium, qui le font, et c’est dans leur nid que la reine du parasite vit aux côtés de la reine de la maison. La reine hôte continue de pondre, mais seulement des ouvrières : les nouvelles reines et les mâles de la colonie appartiennent au parasite.

Chez Antomas, nous la vendons pour ce qu’elle est, une colonie mixte : deux reines de S. testaceus, une reine hôte de Tetramorium immigrans et un petit groupe de ses ouvrières. Dans cette fiche, nous distinguons ce qui est documenté dans la littérature scientifique, ce qu’ont observé les éleveurs et ce que nous recommandons chez Antomas. Et nous vous prévenons dès le départ de la vertu que cette espèce exige le plus : la patience.

Biologie

Décrite comme une fourmi légionnaire

L’entomologiste allemand Schenck l’a décrite en 1852, dans son ouvrage sur les fourmis de Nassau, sous un nom surprenant : Eciton testaceum. Il l’a placée dans Eciton, le genre des fourmis légionnaires américaines, celles qui parcourent la forêt tropicale en immenses colonnes : une minuscule fourmi européenne, qui vit cachée sous les pierres, aux côtés des légionnaires. Ses mandibules longues et courbes ont peut-être pesé dans cette décision, à une époque où la classification des fourmis faisait ses premiers pas. Peu après, l’Autrichien Gustav Mayr a créé pour elle et ses parentes le genre Strongylognathus.

Le nom dit presque tout : il vient du grec gnáthos, « mâchoire », et strongýlos, « arrondi », à cause de ses mandibules étroites et presque cylindriques, sans bord denté. Et testaceus signifie en latin « couleur de tuile », la teinte brun jaunâtre de ses ouvrières.

Des mandibules en sabre qui ne servent pas à travailler

Les quelque 25 espèces de Strongylognathus partagent des mandibules étroites, courbes et sans dents, en forme de sabre. Celles d’une fourmi ordinaire sont un outil à tout faire : couper, creuser, transporter le couvain et dépecer les proies. Celles de S. testaceus servent à saisir et à transpercer. C’est une arme, pas un outil.

L’éleveur tchèque Pavel Amcha, qui l’a maintenue et décrite dans Živa, la revue de vulgarisation de l’Académie des sciences tchèque, a observé que, dans son formicarium, les ouvrières du parasite :

  • touchaient à peine de leurs antennes une drosophile fraîchement tuée, ou passaient par-dessus comme s’il s’agissait d’un obstacle ;
  • ignoraient le coton imbibé d’eau et de miel ;
  • léchaient et palpaient les œufs de temps en temps ;
  • et passaient beaucoup de temps à se toiletter elles-mêmes et les unes les autres.

Elles sont incapables de se nourrir seules : ce sont les ouvrières hôtes qui les nourrissent. Elles ne sortent presque jamais du nid, et la défense revient aux Tetramorium. Si un jour vous voyez une ouvrière jaune dans l’aire de chasse, profitez-en : c’est un privilège rare.

Une esclavagiste qui a oublié d’asservir

Beaucoup de Strongylognathus sont esclavagistes : elles attaquent des nids de Tetramorium, emportent leurs nymphes et les élèvent comme leurs propres ouvrières, tout comme les esclavagistes les plus connues, celles du genre Polyergus, dont D’Ettorre et Heinze ont passé en revue la biologie. Les espèces du groupe de S. huberi peuvent encore mener des raids, même si, selon Buschinger, le grand spécialiste du parasitisme social, ils n’ont vraiment été observés que chez deux ou trois espèces du genre.

S. testaceus est allée plus loin : elle ne mène pas de raids organisés, vit en permanence dans le nid de son hôte et tolère sa reine. Les sources classiques évoquent quelques pillages occasionnels de nymphes, mais les travaux modernes et les éleveurs ne les ont pas observés. Pour Sanetra et Buschinger, qui ont étudié avec des marqueurs génétiques la parenté des parasites de la tribu des Tetramoriini, cet inquilinisme est très probablement né d’un esclavagisme qui s’est peu à peu dégradé : si la reine hôte ne meurt pas, la colonie continue de produire des ouvrières, et les voler devient inutile. Leur étude a aussi montré que le parasitisme social est apparu au moins deux fois dans la tribu.

Au bout de ce chemin se trouve Anergates atratulus, un autre parasite des Tetramorium qui n’a même plus d’ouvrières. S. testaceus serait à mi-chemin, avec une caste ouvrière réduite et de moins en moins utile : l’évolution en marche à l’intérieur d’une fourmilière.

Deux reines, un seul trône : le parasite qui « dirige » la production de sexués

Dans un nid parasité, deux reines cohabitent en paix : celle de Tetramorium et celle de S. testaceus. La reine parasite ne tue pas la reine hôte : elle en a besoin vivante. La reine de Tetramorium continue de pondre, mais de ses œufs naissent seulement des ouvrières, et les reines et les mâles élevés dans la colonie sont ceux du parasite (Collingwood ; Lapeva-Gjonova et Radchenko). L’usurpatrice s’empare de « l’usine » à sexués et laisse à la reine légitime la tâche de produire la main-d’œuvre.

Comment y parvient-elle ? On parle d’une inhibition par phéromones, mais personne n’a encore identifié la substance. Ce que l’on sait, c’est que la colonie y trouve son compte : dès 1891, Erich Wasmann avait remarqué que les colonies parasitées ne produisaient pas d’ailés propres et comptaient plus d’ouvrières que la normale. Ce qui n’est pas dépensé en sexués est investi en ouvrières, et les colonies mixtes atteignent environ 20 000 individus (Collingwood).

Dans cette foule, les ouvrières du parasite représentent environ 1 %, à peu près 100 ouvrières hôtes pour une de S. testaceus, et au maximum 5 %, selon Seifert. Dans une petite colonie, cela signifie que, pendant longtemps, vous ne verrez presque que des Tetramorium.

Camouflage chimique : sentir comme la famille

Les fourmis se reconnaissent à l’odeur, grâce à une couche d’hydrocarbures cuticulaires qui fait office de carte d’identité chimique de la colonie. En 2014, Guillem, Drijfhout et Martin ont comparé quatre systèmes parasite–hôte, et chez S. testaceus les profils chimiques du parasite ne se distinguaient pas de ceux de son hôte, pas même lorsqu’il vivait avec des espèces hôtes différentes, et reproduisaient jusqu’aux petites différences entre colonies. Chaque S. testaceus sent comme la famille précise avec laquelle elle vit.

Ce n’est pas un passe-partout : une reine parasite qui entre dans un nid adulte inconnu est en général attaquée, et il en va de même pour les ouvrières du parasite qui changent de nid (Kratochvíl, cité par Amcha). En captivité, la règle est simple : on ne mélange jamais les colonies.

Anthouse l’explique dans une courte vidéo : la biologie de base de S. testaceus et la soumission chimique de son hôte.

« La hormiga usurpadora », une vidéo d’Anthouse (en espagnol) : biologie de base et soumission chimique chez S. testaceus.

Inutiles à la maison, mortelles pour les intruses

Ne pas savoir se nourrir seules ne veut pas dire qu’elles ne servent à rien. Au laboratoire, Purkart, Wagner, Goffová, Selnekovič et Holecová ont introduit des reines d’Anergates atratulus (aujourd’hui aussi appelée Tetramorium atratulum), le parasite sans ouvrières, dans des fragments de colonies mixtes de T. caespitum et de S. testaceus. Les ouvrières de Tetramorium ont toléré les intruses. Celles de S. testaceus, en revanche, les ont attaquées avec leurs mandibules en sabre et les ont tuées.

Amcha l’interprète ainsi : Anergates posséderait une phéromone « apaisante » qui agit sur l’hôte, mais pas sur le parasite, et les ouvrières de S. testaceus joueraient les gardes face à un concurrent pour les mêmes ouvrières de Tetramorium. Ce n’est pas systématique : dans son formicarium, un Anergates arrivé à l’état de nymphe a cohabité avec S. testaceus sans hostilité. Mais ces ouvrières « inutiles » devenues bourreaux sont l’une des images les plus surprenantes de la myrmécologie européenne.

Wasmann contre Wheeler : un débat de plus d’un siècle

Comment commence une colonie mixte ? Comme l’a rapporté Donisthorpe en 1927, Erich Wasmann soutenait qu’elle était fondée en même temps par deux jeunes reines, une de chaque espèce, après le vol nuptial, tandis que William M. Wheeler pensait que la reine de Strongylognathus se glissait dans une colonie de Tetramorium déjà établie. Donisthorpe penchait pour Wheeler, parce qu’on trouvait des reines du parasite seules.

Un siècle plus tard, l’élevage en captivité donne largement raison à Wasmann. L’entrée dans un nid adulte se termine en général mal (Kratochvíl). Amcha, en revanche, a réuni une reine de S. testaceus fraîchement fécondée avec une reine de Tetramorium elle aussi fraîchement fécondée, quelques nymphes et une ouvrière, et il n’y a eu aucune agression. Il a aussi été rapporté qu’Alfred Buschinger avait obtenu des associations de reines fraîchement fécondées des deux espèces, qui ont cohabité dès le début et élevé des ouvrières. Les deux voies existent peut-être dans la nature, mais la fondation conjointe est celle qui fonctionne le mieux en fourmilière, et c’est celle que suivent nos colonies.

Deux reines du parasite dans le même nid ?

Dans la nature, on décrit le couple typique : une reine de chaque espèce par nid (Collingwood ; BWARS). En captivité, on a vu davantage. En 2018, Amcha a récolté plus d’une centaine d’ailés de S. testaceus dans deux nids de Tetramorium, les a fait s’accoupler dans un bocal avec de la mousse et a obtenu trois reines fécondées : il a réuni l’une avec la reine hôte dont nous venons de parler, et les deux autres avec des ouvrières hôtes. Les reines du parasite ont cohabité sans rivalité visible et toutes ont pondu : à la fin de cet été-là, il y avait déjà des ouvrières de S. testaceus dans les trois formicariums.

C’est la base de notre format à deux reines de S. testaceus aux côtés de la reine hôte, qui donne à la colonie plus de chances de prospérer avec son usurpatrice. Buschinger et Amcha rappelaient une précaution : une reine sans ailes n’est pas toujours fécondée. C’est pourquoi la preuve définitive que tout va bien n’est pas de voir les reines, mais de voir naître, avec le temps, les premières ouvrières jaunes.

Tetramorium immigrans, l’hôte de nos colonies

Les hôtes de S. testaceus sont des fourmis du complexe de Tetramorium caespitum, des espèces si semblables que, pendant plus d’un siècle, on les a confondues sous un même nom. En 2006, Schlick-Steiner et son équipe ont montré, avec des données génétiques et morphologiques, que plusieurs espèces cryptiques s’y cachaient, et en 2017 Wagner et ses collaborateurs ont délimité dix espèces européennes. Celle qui, en 2006, ne s’appelait que « Tetramorium sp. E » a retrouvé son ancien nom : Tetramorium immigrans.

Cette révision de 2017 recense aussi les parasites de chaque espèce : S. testaceus y apparaît avec T. caespitum, T. alpestre et T. impurum, et les données publiées ensuite en Bulgarie et en Pologne concernent T. caespitum ou des formes proches. T. immigrans appartient au même complexe, partage une bonne partie de son aire européenne avec le parasite et est l’hôte naturel de son parent Anergates atratulus. Les colonies d’Antomas sont formées avec T. immigrans, qui joue le rôle d’hôte en captivité : sa reine continue de pondre des ouvrières et la colonie fonctionne. Pour le parasite, l’essentiel est d’avoir des ouvrières de Tetramorium pour le nourrir et s’occuper de lui.

T. immigrans est la plus grande espèce du complexe et l’une des plus thermophiles : dans les localités étudiées par Wagner et ses collaborateurs, la température moyenne de l’air de mai à août tournait autour de 19,9 °C, contre 16,1 °C dans celles de T. caespitum. Elle vit autour de la Méditerranée, dans une grande partie de l’Europe, dans les Balkans, en Anatolie et dans le Caucase, sans doute son berceau, et a voyagé avec l’être humain jusqu’en Amérique. En France et dans une partie de l’Europe centrale, elle est très urbaine, fourmi des trottoirs, des parcs et des bords de route ; autour de la Méditerranée et dans le Caucase, elle occupe aussi des pelouses sèches, des plages, des berges et des rochers.

Un détail curieux : le spécimen qui fixe son nom, le lectotype, provient de Valparaíso, au Chili, d’une population introduite. Et en 1748, le naturaliste Pehr Kalm, disciple de Linné, a décrit à Philadelphie une petite fourmi « noire ou rouge foncé » qui pourrait être T. immigrans (Moss et ses collaborateurs). Sa parente Tetramorium caespitum, que nous proposons aussi dans notre boutique, est le grand hôte du parasite dans la nature.

Les « guerres des pavés »

Les Tetramorium du complexe sont célèbres pour leurs batailles : deux colonies voisines peuvent s’affronter sur un trottoir avec des milliers d’ouvrières qui s’agrippent par paires avec leurs mandibules, se poussent et se traînent… et ne s’entretuent presque jamais. Dans les études de ces « guerres des pavés », menées surtout avec T. immigrans en Amérique du Nord, les batailles provoquées ont duré en moyenne environ 44 minutes (de 25 à 88) et les morts ont été peu nombreux, de quelques dizaines à une centaine, pour des milliers de participantes (Plowes ; Schultz ; repris par Moss et ses collaborateurs). Ce sont des tournois rituels plutôt que des guerres d’extermination.

La leçon pour l’éleveur : les Tetramorium sont territoriales, et deux groupes d’ouvrières de nids différents se traitent en rivaux. C’est pourquoi on ne réunit jamais de colonies.

De la vallée du Rhin à la Sierra Nevada

S. testaceus est l’espèce la plus commune et la plus répandue de son genre. Elle vit en Europe centrale et méridionale, dans le sud de l’Europe orientale, dans le Caucase et en Anatolie, et atteint le sud de la Sibérie occidentale et le nord du Kazakhstan (Lapeva-Gjonova et Radchenko). Au nord, elle atteint la Suède, où elle est très rare, et le sud de l’Angleterre, où elle est classée comme rare (BWARS). Elle vit là où ses hôtes sont abondants, dans des milieux ouverts et ensoleillés : pelouses sèches, landes, prairies caillouteuses et clairières, depuis les 100 m de la vallée du Rhin jusqu’aux 2 000–2 100 m de la Sierra Nevada.

En Espagne, Sanetra et Buschinger l’ont étudiée dans la Sierra Nevada et dans les montagnes de Cuenca et de Teruel, entre 1 200 et 2 100 m. Dans les Pyrénées, les travaux de Guillem et ses collaborateurs se sont appuyés sur des colonies mixtes avec des hôtes proches de T. impurum et, selon ce qui a été rapporté, sur une colonie avec T. semilaeve, qui n’appartient même pas au complexe de T. caespitum : une donnée exceptionnelle, si elle se confirme.

Sa rareté a une explication : parmi des milliers de Tetramorium, quelques ouvrières jaunes passent inaperçues, et seule une petite partie des nids est parasitée. En 2026, Rutkowski et Wendzonka ont ajouté 15 nouvelles localités en Pologne et proposé une astuce de terrain : regarder les ailés, car ceux du parasite sont bien plus petits que ceux de l’hôte, qui manquent en général dans un nid parasité. C’est ainsi qu’Amcha l’a reconnue.

Des vols nuptiaux en plein été

Les ailés de S. testaceus volent en juillet et en août (Collingwood) ; dans le sud de l’Angleterre, de juillet à début août (BWARS), et les éleveurs allemands les observent de fin juin à fin août. Ces dates peuvent coïncider avec celles de ses hôtes, dont les sexués apparaissent en moyenne fin juin, et elles cadrent avec l’idée de Wasmann. Dans les montagnes de la péninsule Ibérique, le calendrier peut être différent.

Chez les Tetramorium, les larves qui donneront des reines et des mâles se développent pendant l’hiver, et chez une autre espèce du complexe on a observé que les femelles ailées pourraient avoir besoin de froid (Poldi, cité par Moss et ses collaborateurs) : une bonne raison de faire une vraie diapause. Il n’existe pas de données fiables sur la fécondité ou la longévité de S. testaceus ; les longévités de plus de dix ans qui circulent sur certains sites n’ont aucune base publiée.

Taille et morphologie

Une myrmicine minuscule, aux ouvrières monomorphes, sans soldats, avec un trait inimitable : les mandibules en sabre.

  • Ouvrière. Brun jaunâtre, plus claire que son hôte. Tête rectangulaire, à l’arrière très échancré et aux angles postérieurs aigus et saillants. Mandibules étroites, courbes et sans dents. Au moins le front et les joues portent des stries longitudinales, plus ou moins marquées selon l’ouvrière ; chez sa parente S. karawajewi, la tête est en général lisse (Collingwood ; Lapeva-Gjonova et Radchenko).
  • Reine. Plus foncée : brune, avec les pattes et les antennes plus claires, et à peine plus grande qu’une ouvrière de Tetramorium. L’arrière de la tête, très concave, se prolonge sur les côtés en petites « cornes » (Amcha).
  • Mâle. Brun foncé, avec les appendices plus clairs et une petite tête, à l’arrière échancré en angle aigu (Collingwood).
  • Aiguillon. Comme toute myrmicine, elle possède un appareil vulnérant, mais, à sa taille, il n’a aucune importance pour l’éleveur : sa véritable arme, ce sont ses mandibules.
  • Couleurs de nos colonies. Ouvrières du parasite jaune orangé, aux mandibules en sabre bien visibles ; ouvrières de T. immigrans brun foncé, et une reine hôte grande et presque noire.

Comment les distinguer dans votre fourmilière ? La reine de T. immigrans est la plus grande et presque noire ; les reines de S. testaceus, bien plus petites, sont brunes et portent leurs « cornes » ; et les ouvrières du parasite sont les jaunes, que leurs mandibules en sabre trahissent aussitôt sous une loupe.

Mesures approximatives

  • Ouvrières de S. testaceus : 2,0–3,6 mm
  • Reine de S. testaceus : 3,5–3,8 mm
  • Mâle de S. testaceus : 3,2–4 mm
  • Ouvrières de T. immigrans : indice de taille de la tête de 713–943 µm (moyenne de 834 µm, contre 761 µm chez T. caespitum), le plus élevé du complexe
  • Reine de T. immigrans : aucune mesure publiée

Les mesures de S. testaceus sont des longueurs totales tirées de Collingwood (1979) ; aucune mesure morphométrique détaillée n’a été publiée. Celle de T. immigrans provient de Wagner et ses collaborateurs (2017) : c’est un indice qui combine la longueur et la largeur de la tête. Il n’existe aucune mesure publiée de la reine hôte, et nous préférons ne pas donner de chiffres sans fondement.

Élevage en captivité

Difficulté : 3/5 – Avancé

Un parasite social, cela sonne comme une espèce réservée aux experts, mais chez Antomas nous la considérons comme avancée, pas extrême, en raison du format : la colonie arrive déjà formée, avec sa reine hôte, qui continue de pondre des ouvrières. Les Tetramorium font tout le travail et la colonie est autonome. S’en occuper revient, en pratique, à s’occuper d’une Tetramorium, et d’après notre expérience ce sont des fourmis robustes et gratifiantes.

Alors, pourquoi pas un 1/5 ou un 2/5 ? Pour quatre raisons :

  • Une petite colonie, plus délicate pour l’humidité, le nettoyage et la nourriture.
  • Des ouvrières minuscules, qui obligent à surveiller la barrière anti-évasion (voir « Évasions et barrières »).
  • La patience : les ouvrières du parasite peuvent mettre jusqu’à deux ans environ à apparaître (voir « Fondation et croissance : patience avec le parasite »).
  • Tout dépend de la reine hôte : les ouvrières du parasite ne s’occupent ni du couvain ni de leurs propres reines.

Et cela en vaut vraiment la peine. C’est un parasite social européen que l’on ne voit presque jamais en fourmilière, avec des ouvrières qui semblent sorties d’un manuel d’évolution. Voir apparaître la première ouvrière jaune parmi les Tetramorium est une récompense que seules les espèces rares peuvent offrir.

Paramètres recommandés

  • Température du nid : 20–25 °C pendant la saison active.
  • Point chaud : facultatif, jusqu’à environ 27 °C à une extrémité, pour que la colonie puisse choisir.
  • Humidité : localisée, avec une partie du nid humide et une autre plus sèche ; l’aire de chasse, sèche.
  • Eau : toujours disponible, dans un tube à essai avec de l’eau et du coton dans l’aire de chasse.
  • Lumière : il suffit de leur laisser une zone sombre dans le nid et une aire de chasse éclairée, avec un cycle jour–nuit normal.
  • Diapause : 4–5 mois, de novembre à mars, à environ 5–10 °C (voir « Diapause »).
  • Barrière anti-évasion : huile minérale, vérifiée souvent.

Évitez le soleil direct, les radiateurs et les courants d’air : ce qu’elles recherchent, c’est un nid tempéré et stable, avec un léger gradient de température et d’humidité.

Nid et fourmilière recommandée

Chez Antomas, nous recommandons de commencer avec un Qbik Wild One P 1C d’Anthouse : une fourmilière compacte en plâtre, qui retient bien l’humidité et qu’il suffit d’humidifier de façon localisée. C’est ce dont a besoin une petite colonie de Tetramorium : de petites chambres, l’obscurité pour le couvain et une zone humide sans détremper le reste.

Petite, parce que la colonie l’est : dans un grand nid, quelques ouvrières ne peuvent ni contrôler l’humidité ni défendre toutes les chambres, et celles en trop finissent en dépotoirs. Les Tetramorium grandissent vite une fois lancées, alors agrandissez plus tard, avec un modèle plus grand de la gamme Qbik Wild, lorsque vous verrez beaucoup d’ouvrières dans l’aire de chasse sans place à l’intérieur ou du couvain entassé dans toutes les chambres. Complétez l’installation avec ces détails :

  • Humidité localisée : n’humidifiez qu’une partie du nid, pour qu’il reste toujours une zone plus sèche.
  • Une aire de chasse sèche, avec un peu de sable fin ou de terre dans un coin et une ou deux pierres plates.
  • De l’eau toujours disponible, dans un tube à essai avec de l’eau et du coton.
  • Un petit abreuvoir pour les liquides sucrés, jamais sur du coton (voir « Alimentation »).
  • Une barrière d’huile minérale et un couvercle bien ajusté (voir « Évasions et barrières »).

Température et humidité

Il n’existe aucun optimum publié pour S. testaceus, et ce n’est pas nécessaire : le parasite vit au rythme de son hôte. Dans la nature, les Tetramorium du complexe commencent à fourrager quand le sol dépasse environ 10 °C, sont le plus actives entre 20 et 25 °C et se retirent vers 36 °C (Schultz, cité par Moss et ses collaborateurs). D’où nos 20–25 °C dans le nid. Si vous chauffez, faites-le en douceur, sur un côté et avec un thermostat.

Elles nichent dans des sols bien drainés, avec un gradient d’humidité, et l’essentiel du nid se trouve à 30–50 cm de profondeur (Bruder et Gupta, cités par Moss et ses collaborateurs). Les éleveurs de T. immigrans cités dans cette revue rapportent que la colonie prospère avec les œufs et les larves dans la zone humide, et les nymphes et les graines dans la zone sèche : exactement ce que permet un nid en plâtre humidifié de façon localisée.

La zone sèche compte : les graines sont stockées dans des chambres sèches, et sur des sols mal drainés on a vu des colonies de T. caespitum sortir affaiblies de l’hiver (Elmes, cité par Moss et ses collaborateurs). Ne détrempez donc jamais tout le nid, ce qui entraîne condensation, moisissures et acariens, mais ne le laissez pas non plus sécher complètement : dans une colonie aussi petite, le couvain se déshydrate très vite.

Alimentation

La nourriture est celle d’une Tetramorium. Les ouvrières du parasite ne mangent pas seules : ce sont les hôtes qui les nourrissent, comme elles nourrissent les reines et le couvain. Nourrissez bien la colonie de T. immigrans, et elle s’occupera du reste.

Liquides sucrés. Variez les sucres : chez Antomas, nous recommandons le nectar Blue Sugar d’Anthouse 4–5 fois par semaine et un autre liquide sucré ou nectar 1–2 fois par semaine. Vous pouvez aussi ajouter un peu de protéines au nectar. Proposez-les toujours dans un abreuvoir et jamais sur du coton, car le coton moisit et gâte le liquide très vite. Utilisez un petit abreuvoir classique ou fait maison, où la goutte reste « étalée » et accessible.

Protéines : beaucoup, et petites. C’est le moteur de la croissance, et c’est la philosophie d’Antomas : si vous faites un entretien quotidien et retirez les restes, mieux vaut suralimenter, car la colonie comprend qu’elle dispose de plus de ressources et grandit plus vite et en plus grand nombre. Si vous ne pouvez pas nettoyer souvent, mieux vaut ne pas suralimenter, car la nourriture en trop attire moisissures et acariens. Pour des ouvrières aussi petites, de petites proies :

Changez de type d’insecte d’une semaine à l’autre, pour qu’elles ne mangent pas toujours la même chose, et achetez les insectes chez un fournisseur fiable : ceux traités aux insecticides peuvent tuer la colonie.

Des graines, en complément. Dans la nature, les Tetramorium du complexe récoltent des graines à la fin de l’été et en automne, et au printemps elles les mâchent pour les larves (Moss et ses collaborateurs). Mais dans le formicarium d’Amcha, une colonie de T. caespitum s’y est très peu intéressée, qu’elles soient entières, broyées ou germées. Proposez de temps en temps quelques petites graines, surtout en automne, jamais comme base du régime, et retirez-les si elles moisissent.

Eau : toujours, dans le tube à essai avec du coton de l’aire de chasse.

Fondation et croissance : patience avec le parasite

Votre colonie est une fondation conjointe comme celle que défendait Wasmann : une jeune reine hôte, ses premières ouvrières et deux reines du parasite. Voici comment elle grandit en général :

  • D’abord, les Tetramorium. La colonie grandit avec des ouvrières hôtes. Les éleveurs de T. immigrans parlent d’un peu plus d’un mois de l’œuf à l’ouvrière au chaud, et une fois lancée, la colonie grandit vite.
  • Les reines du parasite, à côté de la reine hôte. Amcha a vu la reine de S. testaceus rester à ses côtés et la toucher souvent de ses antennes. C’est la cohabitation normale d’une colonie mixte.
  • Les ouvrières du parasite, avec patience. Dans les formicariums d’Amcha, avec des colonies fraîchement fondées, elles sont nées le même été. Mais dans une autre jeune colonie, elles ne sont apparues que deux ans plus tard, quand la colonie hôte était devenue mature. Si la colonie grandit et que les reines sont en vie, tout va bien.
  • Les sexués du parasite, plus tard. Il n’existe pas de données sur le moment où une colonie mixte produit des ailés en captivité ; dans la nature, les ailés du parasite sont dans le nid de juin à août.

Le grand risque, c’est de perdre la reine hôte. Amcha en a perdu une pour des raisons inconnues, et sans elle la colonie ne vit que le temps que vivent ses ouvrières, quelques années au plus. Tout ce que vous faites pour la reine de T. immigrans, vous le faites pour toute la colonie. Si vous remarquez quelque chose d’anormal, écrivez-nous.

Et une règle d’or : n’ajoutez ni ouvrières, ni couvain, ni reines provenant d’autres nids. Ils seraient attaqués, et vous pourriez introduire des acariens ou des maladies.

Arrivée et déménagement

À l’arrivée de votre colonie, laissez-la se reposer dans un endroit calme et sombre, à 20–25 °C, et vérifiez qu’elle a de l’eau. Pour la transférer dans la fourmilière, chez Antomas nous procédons par renversement : nous ouvrons le contenant dans l’aire de chasse, près de l’entrée du nid, et nous faisons glisser doucement les reines, les ouvrières et le couvain, en aidant les retardataires avec un pinceau doux. Quatre conseils :

  • Préparez tout à l’avance : la fourmilière installée, avec la barrière d’huile et le tube d’eau.
  • Travaillez au-dessus d’un plateau : elles sont si petites qu’on les perd de vue en un instant.
  • Comptez les reines : celles du parasite sont à peine plus grandes qu’une ouvrière hôte, alors vérifiez qu’il n’en reste aucune dans le contenant.
  • Avec calme : après le renversement, les ouvrières transportent le couvain dans le nid. Laissez le nid dans l’obscurité pour qu’elles s’y installent vite.

Si un jour vous devez changer la colonie de fourmilière, utilisez la même méthode.

Diapause

S. testaceus vit dans des régions à l’hiver vraiment froid, et ses hôtes ont un cycle annuel très marqué. Chez Antomas, nous recommandons la diapause d’une Tetramorium européenne : 4–5 mois, de novembre à mars, à environ 5–10 °C.

  • Baissez la température progressivement, sur une ou deux semaines, et remontez-la de la même façon à la fin.
  • Ne descendez pas en dessous d’environ 5 °C : il n’y a aucune raison de s’approcher du gel.
  • Pendant la diapause : de l’eau en permanence, une zone sèche dans le nid, peu ou pas de liquide sucré et aucune protéine. Dérangez la colonie le moins possible.
  • À la fin, revenez aux protéines dès que vous voyez de l’activité et du couvain.

Pourquoi ? Elle offre du repos à la reine hôte et maintient le rythme naturel de la colonie. Et comme les larves des sexués se développent en hiver et que les femelles ailées pourraient avoir besoin de froid, sans diapause la production de sexués du parasite, le grand trophée de cette espèce, pourrait en pâtir. Ce n’est pas démontré chez S. testaceus, mais c’est son cycle naturel.

Comportement en captivité

Les Tetramorium font tout. Elles fourragent, s’occupent du couvain, nourrissent les reines et les ouvrières du parasite et défendent le nid. Presque tout ce que vous verrez dans l’aire de chasse, ce sont des ouvrières brunes de T. immigrans, rapides, organisées et très actives au chaud.

Voici à quoi ressemble une colonie mixte de S. testaceus et de ses Tetramorium en captivité, dans deux courtes vidéos d’Anthouse :

L’armée parasite en captivité : « El ejército parásito », 1re partie, d’Anthouse (en espagnol).

Et la suite : « El ejército parásito », 2e partie, d’Anthouse (en espagnol).

Observer sans crainte. Chez Antomas, nous pensons que les fourmis sont là pour qu’on en profite, qu’on les observe et qu’on apprenne d’elles, pas pour être cachées. Il suffit de leur laisser leur zone sombre dans le nid et une aire de chasse éclairée, et de les observer avec délicatesse, en intervenant et en les stressant le moins possible. Avec une loupe, chercher les reines du parasite à côté de la reine hôte, ou la première ouvrière jaune parmi les brunes, fait partie du plaisir.

Signaux d’alarme :

  • De moins en moins d’ouvrières hôtes : c’est le plus inquiétant, bien plus que de ne pas voir le parasite.
  • Un couvain qui stagne ou disparaît en dehors de la diapause : il manque presque toujours des protéines.
  • De la condensation ou des moisissures : trop d’humidité ou des restes oubliés.
  • Une reine hôte qui cesse de pondre en pleine saison : vérifiez la température, la nourriture et l’humidité.
  • Beaucoup d’ouvrières immobiles dans l’aire de chasse, sans place à l’intérieur : il est temps d’agrandir.

Évasions et barrières

C’est le point délicat de l’installation : les ouvrières sont minuscules, celles du parasite comme celles de l’hôte, et elles se faufilent par la moindre fente. Chez Antomas, nous utilisons une barrière d’huile minérale, mais avec ces fourmis il faut la surveiller davantage qu’avec d’autres :

  • Une bande fine et continue d’huile minérale en haut des parois de l’aire de chasse. Renouvelez-la dès qu’elle accumule poussière ou débris : une barrière sale est un pont.
  • Vérifiez-la souvent, surtout les premières semaines, et assurez-vous qu’aucune ouvrière ne parvient à la franchir.
  • Un couvercle bien ajusté, comme deuxième ligne de défense.
  • Aucune fente : contrôlez les raccords, les bouchons et les tubes. Là où une grosse fourmi ne passe pas, une Tetramorium passe.
  • Rien qui puisse servir de pont près de la barrière.
  • Prudence à l’ouverture : ouvrez juste ce qu’il faut, travaillez calmement et refermez quand vous avez terminé.

Manipulation et sécurité

Elles sont inoffensives pour l’éleveur : le parasite comme l’hôte ont un aiguillon, comme toute bonne myrmicine, mais ils sont si petits qu’ils ne posent aucun problème. Manipulez-les avec des outils entomologiques, comme un pinceau doux, et non avec les mains : il est très facile de les écraser ou de les perdre. Ne mélangez pas des colonies différentes et ne séparez pas les reines du parasite de leur colonie. Et même s’il s’agit d’espèces européennes, ne les relâchez pas et ne les déplacez pas ailleurs : déplacer des fourmis d’une population à une autre peut perturber les populations locales.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Séparer les reines du parasite de la colonie ou essayer de les élever seules : sans Tetramorium, elles ne survivent pas.
  • Ajouter des reines, des ouvrières ou du couvain d’autres nids, ou réunir deux colonies.
  • S’impatienter si aucune ouvrière du parasite n’apparaît la première année : elles peuvent mettre jusqu’à deux ans environ.
  • Transférer la colonie dans un nid trop grand pour sa taille.
  • Détremper tout le nid, ou le laisser sécher complètement.
  • Mettre les liquides sucrés sur du coton ou les laisser s’épuiser.
  • Toujours donner le même insecte, des proies trop grandes ou laisser des restes sans nettoyer.
  • Baser le régime sur les graines.
  • Sauter la diapause, ou la commencer brutalement.
  • Négliger la barrière d’huile : avec des ouvrières aussi petites, une barrière sale ou trouée, c’est l’évasion assurée.
  • Les manipuler avec les mains ou les relâcher.

Sources scientifiques

Cette fiche d’élevage repose sur la littérature scientifique consacrée à Strongylognathus testaceus, à son genre et à ses hôtes du complexe de Tetramorium caespitum, et sur l’expérience d’Antomas et d’autres éleveurs. En plus de la liste, nous avons utilisé des ouvrages sans DOI : la révision du complexe de Wagner et ses collaborateurs (2017, Myrmecological News 25), la revue du parasitisme social de Buschinger (2009, Myrmecological News 12), la faune de Collingwood (1979, Fauna Entomologica Scandinavica 8), la fiche de l’espèce du BWARS et les articles de Pavel Amcha dans Živa (2019 et 2023). Principales références :

  1. Sanetra, M. & Buschinger, A. (2000). Phylogenetic relationships among social parasites and their hosts in the ant tribe Tetramoriini (Hymenoptera: Formicidae). European Journal of Entomology 97: 95–117. doi:10.14411/eje.2000.017
  2. D'Ettorre, P. & Heinze, J. (2001). Sociobiology of slave-making ants. Acta Ethologica 3: 67–82. doi:10.1007/s102110100038
  3. Schlick-Steiner, B. C., Steiner, F. M., Moder, K., Seifert, B., Sanetra, M., Dyreson, E., Stauffer, C. & Christian, E. (2006). A multidisciplinary approach reveals cryptic diversity in Western Palearctic Tetramorium ants (Hymenoptera: Formicidae). Molecular Phylogenetics and Evolution 40: 259–273. doi:10.1016/j.ympev.2006.03.005
  4. Guillem, R. M., Drijfhout, F. & Martin, S. J. (2014). Chemical deception among ant social parasites. Current Zoology 60: 62–75. doi:10.1093/czoolo/60.1.62
  5. Lapeva-Gjonova, A. & Radchenko, A. (2021). Ant genus Strongylognathus (Hymenoptera, Formicidae) in Bulgaria: a preliminary review. Biodiversity Data Journal 9: e65742. doi:10.3897/BDJ.9.e65742
  6. Purkart, A., Wagner, H. C., Goffová, K., Selnekovič, D. & Holecová, M. (2022). Laboratory observations on Anergates atratulus (Schenck, 1852): mating behaviour, incorporation into host colonies, and competition with Strongylognathus testaceus (Schenck, 1852). Biologia 77: 125–135. doi:10.1007/s11756-021-00901-y
  7. Moss, A. D., Swallow, J. G. & Greene, M. J. (2022). Always under foot: Tetramorium immigrans (Hymenoptera: Formicidae), a review. Myrmecological News 32: 75–92. doi:10.25849/myrmecol.news_032:075
  8. Rutkowski, T. & Wendzonka, J. (2026). New data on the distribution of Tetramorium atratulum (Schenck, 1852) and Strongylognathus testaceus (Schenck, 1852) in Poland. Fragmenta Faunistica 69: 28–32. doi:10.3161/00159301ff2026.69.1.06
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