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Polyrhachis ammon – Fourmi épineuse à queue dorée
Biologie
Polyrhachis ammon, connue en Australie sous le nom de Golden-tailed Spiny Ant, est l’une des fourmis épineuses les plus remarquables du continent. Elle est principalement répartie le long de la côte orientale australienne.
Elle habite surtout les forêts ouvertes d’eucalyptus, les zones boisées et les milieux à végétation relativement dégagée. Malgré son aspect élancé et sa facilité à se déplacer entre les branches, elle n’est pas considérée comme une espèce strictement arboricole.
Son alimentation naturelle est omnivore et opportuniste. Les ouvrières exploitent le nectar, le pollen, les sécrétions végétales et le miellat produit par les cochenilles, cicadelles et autres insectes phytophages.
En captivité, elle se distingue particulièrement par son attirance pour les fruits mûrs. Pomme, banane, poire et autres fruits sucrés suscitent généralement un intérêt immédiat. Pour les ouvrières, un morceau de fruit mûr peut rapidement devenir le principal point d’activité de la colonie.
L’un des comportements les plus particuliers de P. ammon est sa tendance à changer de nid relativement fréquemment. Dans la nature, elle peut abandonner une cavité lorsque les conditions microclimatiques changent ou lorsque de nouvelles possibilités d’abri apparaissent.
Ce comportement a des conséquences importantes en captivité. Une colonie qui insiste pour occuper le tube de connexion, s’accumule dans l’aire de fourragement ou transporte continuellement le couvain peut indiquer que le nid ne répond pas totalement à ses besoins.
Les ouvrières fourragent aussi bien au sol que sur les troncs, branches et feuilles. Elles sont actives, visuelles et assez agiles, bien qu’elles ne soient généralement pas extrêmement agressives.
L’organisation sociale de l’espèce n’est pas complètement clarifiée pour toutes ses populations. Des colonies naturelles avec une seule reine ont été signalées, bien que l’existence de colonies avec plus d’une reine fonctionnelle ne puisse être exclue dans certaines populations.
La fondation est semi-claustrale. Contrairement à une reine de Camponotus pleinement claustrale, la reine de P. ammon doit se nourrir durant les premières étapes et ne peut pas dépendre uniquement de ses réserves corporelles.
Durant cette étape, il faut proposer des microgouttes de nectar ou d’eau sucrée, de petits fragments de fruit et de minuscules proies fraîchement tuées.
Les larves se développent jusqu’à former des pupes protégées par un cocon, elles apprécient donc de disposer de petites particules de substrat pour filer correctement.
Taille et morphologie
Polyrhachis ammon est une espèce de taille moyenne, mais sa silhouette élancée et ses longues pattes la font paraître plus grande. Le corps est sombre et contraste fortement avec la pubescence dorée située à l’extrémité du gastre.
Selon l’éclairage, cette couverture peut refléter des tons dorés, bronzés ou même légèrement orangés. Il ne s’agit pas d’une couleur uniforme, mais d’un effet visuel iridescent produit par la pilosité corporelle.
Le mésosome et le pétiole portent plusieurs épines longues et aiguës. Ces structures ne contiennent pas de venin, mais rendent plus difficile la saisie de la fourmi par de petits prédateurs.
Les ouvrières sont relativement homogènes et il n’existe pas de caste de soldats différenciée. Une certaine variation individuelle de taille peut être observée, mais sans le polymorphisme marqué présent chez d’autres genres.
Les pattes sont longues et fines, adaptées à des déplacements rapides aussi bien au sol que dans la végétation. Les mandibules sont fonctionnelles, mais pas particulièrement massives.
En tant que membre de la sous-famille des Formicinae, elle ne possède pas d’aiguillon. À la place, elle dispose d’un acidopore à l’extrémité du gastre et peut utiliser l’acide formique comme mécanisme défensif.
Dimensions approximatives
- Ouvrières : 8–10 mm
- Reine : 10–11,5 mm
MAINTENANCE EN CAPTIVITÉ
La difficulté de Polyrhachis ammon peut être considérée comme intermédiaire. Elle n’est pas particulièrement délicate une fois établie, mais la fondation exige de l’attention et l’humidité, la ventilation et le choix du nid doivent être correctement gérés.
Sa tendance naturelle à changer de refuge exige également d’interpréter correctement le comportement de la colonie et d’offrir une installation flexible.
Paramètres recommandés
- Température de développement : 23–27 °C
- Point chaud optionnel : jusqu’à 28 °C
- Humidité : moyenne à élevée, avec bonne ventilation
- Nid : liège, bois, systèmes naturalistes ou nids bien ventilés avec gradient d’humidité
Le nid ne doit pas rester complètement détrempé. Il convient d’offrir une zone modérément humide pour les œufs et les larves, ainsi qu’une autre zone plus sèche et bien ventilée pour les pupes et les ouvrières au repos.
Durant la fondation, un tube à essai placé dans une petite aire de fourragement fonctionne bien. L’entrée peut être rétrécie avec du coton ou du liège pour augmenter le sentiment de sécurité de la reine.
Il ne faut pas la transférer prématurément dans un grand nid. Une reine seule ou une colonie avec peu d’ouvrières se sent plus en sécurité dans des espaces compacts.
Repos saisonnier
La répartition de P. ammon couvre des régions climatiquement très différentes, du nord chaud du Queensland à Victoria et aux zones plus tempérées.
Aucune diapause physiologique obligatoire n’a été démontrée pour l’ensemble de l’espèce. Cependant, les populations méridionales sont exposées à des hivers plus frais et peuvent bénéficier d’un repos doux.
Lorsque la localité d’origine est connue :
- Populations de Victoria, ACT ou sud de la Nouvelle-Galles du Sud : repos d’environ 8–12 semaines entre 12 et 16 °C.
- Populations de régions plus chaudes : une légère réduction saisonnière peut suffire.
Si l’origine exacte est inconnue, il est plus prudent de fournir une baisse progressive de température et d’observer la réponse de la colonie plutôt que d’appliquer une diapause intense.
Alimentation
Glucides
- Nectar spécifique pour fourmis
- Eau sucrée
- Miel dilué
- Pomme
- Banane
- Poire
- Raisin
- Autres fruits mûrs
Les fruits peuvent être proposés plusieurs fois par semaine, surtout si la colonie montre une nette préférence. Ils doivent être lavés, pelés si nécessaire et retirés avant fermentation.
Les liquides sucrés doivent continuer à constituer la base énergétique habituelle, car ils sont plus faciles à contrôler et à conserver que les fruits frais.
Protéines
- Mouches
- Petits grillons
- Blattes d’élevage
- Poissons d’argent
- Tenebrio coupé
- Autres insectes d’élevage adaptés
Durant la fondation, il faut proposer de petites proies, de préférence tuées. Avec plusieurs ouvrières, des insectes vivants peuvent être introduits s’ils ne représentent pas un danger pour la colonie.
La demande en protéines augmente lorsque la colonie possède de grosses larves. Si seuls des œufs, pupes ou cocons sont présents, l’intérêt pour les protéines peut normalement diminuer.
Comportement en captivité
La croissance initiale est généralement modérée. La reine doit alterner la ponte et les soins au couvain avec ses sorties pour se nourrir, le processus peut donc être plus lent que chez les espèces pleinement claustrales.
Une fois les premières ouvrières apparues, la colonie gagne en sécurité et augmente progressivement sa consommation. Les ouvrières sont visibles, actives et exploratrices.
Elles ont une bonne capacité de grimpe et peuvent exploiter les joints en silicone, câbles, surfaces rugueuses et petites irrégularités. L’aire de fourragement doit être bien protégée.
Leur tendance à déménager rend les nids modulaires recommandables. Plutôt que de les obliger à rester dans une seule chambre, il peut être utile d’offrir des refuges alternatifs et de les laisser choisir.
Manipulation et sécurité
Polyrhachis ammon ne possède pas d’aiguillon et ne représente aucun danger réel. Elle peut mordre et utiliser de l’acide formique comme défense, mais elle n’est pas considérée comme une espèce dangereuse.
Les épines sont défensives, mais n’inoculent aucune substance. Malgré cela, il n’est pas recommandé de manipuler directement les fourmis ni de les saisir par les pattes ou le gastre.
Les transferts doivent être réalisés à l’aide de récipients auxiliaires, d’aspirateurs entomologiques adaptés ou de pinces, jamais en pressant directement le corps.