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Pheidole militicida – Fourmi de combat
Biologie
Pheidole militicida est une fourmi moissonneuse originaire des régions arides du sud-ouest des États-Unis, notamment du sud de l’Arizona, du Nouveau-Mexique et de l’extrême ouest du Texas, avec également des signalements dans le nord du Mexique.
Elle habite les déserts et prairies sèches, généralement sur des sols sableux ou sablo-limoneux. Ses nids apparaissent souvent entre les pierres et présentent une ou plusieurs entrées entourées de petits cratères de terre et d’accumulations d’enveloppes de graines.
Son alimentation naturelle repose principalement sur les graines de graminées et d’autres plantes herbacées. Les ouvrières minor les récoltent au sol et les transportent au nid par des routes bien organisées.
Les routes ressemblent à un réseau routier : une voie principale relie le nid à la zone de récolte, puis se divise en ramifications et enfin en petits parcours qui changent selon les nouvelles accumulations de graines exploitées.
Les signaux chimiques régulent le trafic, orientent les récolteuses et mobilisent de nouvelles ouvrières lorsqu’une ressource abondante apparaît. Cette organisation rend P. militicida particulièrement intéressante à observer hors du nid.
Bien qu’essentiellement granivore, elle accepte aussi les insectes et d’autres aliments riches en protéines. En captivité, un apport régulier de proies favorise la croissance des larves et accélère le développement de la colonie.
Les soldats et l’origine de son nom
Le trait le plus spectaculaire de l’espèce est l’énorme différence entre ses deux castes d’ouvrières. Les minors dépassent à peine 3 mm, tandis que les soldats possèdent une tête gigantesque et peuvent atteindre environ 8 mm.
Le nom militicida signifie approximativement « tueuse de soldats ». Lorsque William Morton Wheeler étudia initialement l’espèce, il trouva des restes de soldats et les interpréta comme la preuve que la colonie les éliminait avant l’hiver.
Des études ultérieures ont montré que cette interprétation était incorrecte. Les soldats restent vivants pendant l’hiver, mais se trouvent généralement dans les zones profondes ou bloquent les entrées du nid.
Les restes provenaient probablement de combats avec d’autres fourmis. Loin d’être éliminés par la colonie, les majors sont de véritables spécialistes militaires.
Lorsqu’ils détectent une invasion, ils peuvent se placer sur plusieurs rangées dans les galeries, utilisant leurs énormes têtes comme une barricade.
Durant les affrontements, ils n’attaquent pas de manière désordonnée. On a observé qu’ils attendent le bon moment pour saisir les mandibules des fourmis rivales, les endommageant et les neutralisant.
Paradoxalement, ces soldats jouent un rôle limité dans l’ouverture des graines. Les minors assurent la majeure partie de la récolte, du nettoyage et de la consommation des grains.
La colonie peut aussi adapter sa réponse au type d’ennemi. Les ouvrières minor sont capables d’émettre des signaux d’alarme et de recruter des soldats contre certaines fourmis concurrentes.
L’organisation reproductive semble principalement monogyne, avec une seule reine par colonie. Il ne faut pas réunir des reines provenant de vols ou de colonies différentes.
En captivité, la reine peut être maintenue en fondation claustrale, dans un tube à essai calme et protégé jusqu’à l’apparition des premières ouvrières.
Une fois établie, la colonie peut croître rapidement si elle dispose de chaleur, de graines variées et de protéines. Il n’existe pas de chiffre fiable définissant la taille maximale de toutes les colonies.
Taille et morphologie
Pheidole militicida présente un dimorphisme extrême entre les ouvrières minor et major.
Les minors sont petites, élancées et généralement brun rougeâtre foncé, avec les antennes et les pattes légèrement plus claires.
Les majors ou soldats présentent une coloration rougeâtre, orangée ou châtain nettement plus claire. Leur tête est énorme, légèrement cordiforme et beaucoup plus large que le reste du corps.
La partie antérieure de la tête présente des sillons longitudinaux, tandis que la région postérieure est principalement lisse et brillante. Les mandibules sont robustes et actionnées par une musculature très développée.
La différence entre les deux castes est si grande qu’un soldat ressemble à une machine lourde entourée d’une équipe de minuscules opératrices. Les minors apportent vitesse, nombre et polyvalence.
Il ne faut pas les appeler supersoldats, car l’espèce présente deux castes ouvrières principales : minor et major. La taille extraordinaire des majors fait partie du dimorphisme normal de l’espèce.
Dimensions approximatives
- Ouvrières minor : environ 2–3 mm
- Ouvrières major ou soldats : environ 6–8 mm
- Reine : environ 8–10 mm
La mesure originale publiée pour les soldats atteignait 8 mm. La reine est volumineuse, mais sa taille peut varier selon les populations et lignées commerciales.
MAINTENANCE EN CAPTIVITÉ
La difficulté de Pheidole militicida peut être considérée comme intermédiaire.
Son alimentation est simple et son comportement très attrayant, mais la fondation peut être délicate et nécessite un apport constant de très petites proies protéinées utilisables par les premières ouvrières.
Paramètres recommandés
- Température active : 24–29 °C
- Point chaud : 28–30 °C
- Zone de couvain : modérément humide
- Zone de stockage des graines : sèche
- Ventilation : bonne
Elle ne doit pas être maintenue complètement sèche sous prétexte qu’elle vient d’un milieu désertique. Les nids naturels conservent de l’humidité sous terre, surtout dans les chambres de la reine et du couvain.
Un gradient d’humidité est nécessaire. Les œufs et larves doivent disposer d’une zone hydratée, tandis que les graines nécessitent des chambres sèches.
Le système d’hydratation doit être protégé par une maille très fine. Les minors peuvent accéder à des réservoirs et connexions qui seraient sûrs pour des fourmis plus grandes.
NID RECOMMANDÉ
Pour la fondation des colonies, les nids à évaporation d’Anthouse conviennent :
Les petites galeries conviennent aux minors et évitent qu’une jeune colonie occupe trop d’espace. Toutefois, une chambre doit être suffisamment haute et large pour la reine et les futurs majors.
Le nid doit fermer avec précision et ne présenter aucun jeu entre le PLA, le méthacrylate, les couvercles ou les ports de connexion.
Il ne faut pas introduire une petite colonie dans un nid surdimensionné. Il est préférable d’agrandir le système avec des modules à mesure que la population augmente.
Une fine couche de sable peut être utilisée dans l’aire de fourragement pour observer l’excavation et le transport, mais il faut éviter les accumulations permettant de construire des ponts au-dessus des barrières.
Alimentation
Graines
Les graines doivent constituer une partie fondamentale de l’alimentation :
- graines de graminées ;
- millet ;
- alpiste ;
- pavot ;
- amarante ;
- quinoa ;
- graines de pissenlit ;
- petites graines sauvages.
Il est conseillé d’offrir un mélange varié de grains de différentes tailles. Les minors peuvent manipuler des graines étonnamment petites et les organiser dans des réserves séparées.
Les graines doivent être exemptes de pesticides, sel, huiles et traitements agricoles. Tout grain humide, germé ou détérioré doit être retiré.
Protéines
- drosophiles ;
- mouches ;
- micro-grillons ;
- petites blattes ou blattes découpées ;
- papillons de nuit ;
- tenebrio sectionné ;
- autres insectes d’élevage sûrs.
La consommation de protéines augmente lorsque de nombreuses larves sont présentes. Les insectes permettent d’observer la mobilisation des minors et l’apparition des soldats autour de la nourriture.
Les petites colonies doivent recevoir des proies tuées ou préalablement ouvertes. Les restes doivent être retirés avant de sécher, fermenter ou accumuler des acariens.
Glucides et eau
Du nectar, de l’eau sucrée ou du miel dilué peuvent être proposés en complément. Il ne faut pas abuser des aliments sucrés avec cette espèce, car ils pourraient remplacer les graines et les protéines.
Les gouttes doivent être minuscules ou proposées dans des micro-abreuvoirs, car les minors peuvent facilement rester piégées.
Une source sûre d’eau propre doit toujours être disponible.
Diapause
Pheidole militicida ne réalise pas de diapause froide comparable à celle de nombreuses espèces européennes ou nord-américaines tempérées.
En Arizona, des minors ont été observées en fourragement en janvier, février et début mars, même dans des zones connaissant parfois pluie, neige et nuits froides.
Il n’est donc pas recommandé de la maintenir pendant des mois près de 10 °C. Une légère baisse hivernale peut être appliquée pendant huit à dix semaines autour de 16–20 °C.
Pendant cette période, l’eau et les graines doivent rester disponibles. Les protéines peuvent être réduites si les larves actives disparaissent.
Comportement en captivité
Les minors forment des routes denses et bien définies vers les graines et les proies. En raison de leur petite taille, une colonie de plusieurs centaines d’ouvrières peut occuper moins d’espace que prévu.
Les soldats restent souvent dans le nid et apparaissent face aux grosses proies, vibrations ou perturbations près de l’entrée. Cette différence permet d’observer clairement la spécialisation des castes.
Les minors peuvent traverser des grilles, joints et orifices extrêmement petits. La barrière anti-évasion doit être contrôlée fréquemment et l’enceinte doit disposer d’un couvercle sûr.
Manipulation et sécurité
Elle ne doit pas être manipulée directement à mains nues.
Les soldats peuvent s’agripper avec leurs mandibules et les minors sont très difficiles à récupérer après une fuite. La maintenance doit être effectuée avec pinces, tubes, récipients auxiliaires et barrières anti-évasion.
Le principal défi n’est pas le contact avec une ouvrière isolée, mais le confinement correct d’une colonie nombreuse composée d’individus d’à peine 3 mm.
